09.04.2008
Back from Paradise
Décidément, il y a des jours où hautetfort m'énerve, notamment lorsque le blog décide de manger la note que je venais d'écrire. Du coup je vous mets simplement la photo de ce que j'ai vu, depuis mon balcon, lorsque j'ai ouvert les rideaux le premier matin de la croisière.
J'ai vraiment adoré ça. Débarquer chaque matin sur une île différente, toutes douces et chaudes et magnifiques, mais chacune avec son propre caractère: la plage déserte parfaite de Saint-John. La forêt vierge et la végétation improbable de la Dominique. Les animaux peu farouches au jardin d'Eden de la Barbade. Les vagues atlantiques d'Antigue. La plage manucurée, blanche et turquoise, et le déjeuner grande classe au Four Seasons de Nevis. Le café presque parisien et le marché en français à Saint-Martin. Les rues colorées du vieux San Juan. Et la cuisine créole, le rhum, les gens qui arrêtent leurs voitures pour te laisser traverser (ça compense la manière dont ils te conduisent quand tu es passager!).
Le bateau? Balcon, donc, indispensable pour voir passer les dauphins au soleil couchant, et les poissons volants, la nuit. Deux soirées de gala où presque tous les passagers ont joué le jeu. L'excitation de la table de black-jack (accro!) et des cocktails comme dans les films, et même une déco très années 20 (sous les horribles néons) qui avait une classe folle. On en oublie les ploucs et les photographes qui te harcèlent tous les trois pas pour un souvenir. Un seul regret: pas eu le temps de passer au spa...
Donc le retour au boulot (11 jours de voyages sur les 3 premières semaines, réveils aux aurores...) et la lecture de la "wish-list" de l'administration française pour qu'on puisse se marier en Europe (coupe toi un bras ça fait moins mal), c'est un peu duraille. Heureusement il me reste encore un peu de zen caraïbe dans la tête!
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23.03.2008
Télégramme
Parce que je n'ai pas eu le temps récemment...
Tout va bien. Le boulot: beaucoup mieux, intéressant, et paradoxalement... Grosse baisse de courage. J'ai passé la moitié de mon temps de travail à rêvasser au lieu de bosser la semaine dernière, ce qui est TRES MAL car Nol, Fred et Valentine nous rendent visite cette semaine et que la croisière s'amuse (ouaaaaais, les vacances, les vacances, les vacances!) la semaine suivante. Et ensuite j'enchaîne direct sur 5 jours de voyage pro, au Texas et à Boston. Du coup là je suis un peu obligée de travailler le dimanche. Bien fait pour moi.
La croisière a aussi eu un effet secondaire amusant: j'ai commencé par racheter 2-3 robes d'été, et puis de fil en aiguille, j'ai vidé ma penderie de tous mes trucs moches, et je me suis aperçue (bien sûr) que j'ai plus rien à me meeeetre-euh! Résultat depuis deux semaines mon but dans l'existence c'est de me refaire une penderie. Comme je ne suis pas du tout du genre à sur-intellectualiser quoi que ce soit, ni perfectionniste-tendance-obsessionnelle, j'ai décidé de me faire une liste de basiques, puis de les acheter en bonne qualité, puis ensuite de compléter... Résultat ça fait 10 jours que je passe ma vie sur des blogs de mode, des sites de vente en ligne et ebay. Pour l'instant j'ai réussi à acheter deux robes, une paire de chaussures, un trench, une ceinture et une étole. Et puis j'ai renvoyé une des robes. A ce rythme-là, je devrais avoir complété l'opération garde-robe en 2020.
Ceci-dit paraît que je ferais mieux de garder des sous pour le mariage...
Et pour faire ma frime et finir ce billet passionnant à la façon www.maviemonoeuvre.com, un petit aperçu de mes minis-tartes à la tomate de l'apéro spécial "on est fiancés, mangeons un peu pour fêter ça" de la semaine dernière. Rien que du classique (pâte brisée achetée toute faite, moutarde, fondue d'onion rouge et tomates-cerises), mais ça m'a amusée de les cuire dans mon moule à muffins et j'ai trouvé le résultat joli pour 5 minutes d'effort. Comme des tartelettes à la fraise, et franchement, quoi de meilleur que les tartelettes à la fraise?
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05.03.2008
Supper East Side
(Cette note aurait du être pleine d'images, mais ce soir, l'informatique est en rêve. Donc non. Peut-être plus tard quand c'est réparé. SI c'est réparé.)
Peut-être est-ce l'idée de "bientôt" (probablement début mai) déménager à Brooklyn, mais Chris et moi avons soudain un peu plus envie de profiter des musées de l'Upper East Side. Du coup dimanche, au lieu d'aller déjeuner à perpète, on s'est levé tôt (= avant onze heures), histoire de cuisiner le Pad Thai et d'être prêts à sortir de l'appartement avant 16h00.
Le Pad Thai n'était pas mal pour une première tentative, au passage, mais pas au point non plus. Comme je suis tombée en rade de sauce soja classique, j'ai mariné mon tofu dans une sauce avec beacoup de sauce soja "ponzu" (soja avec une base d'agrume), Chris a aimé, moi... Moins. Enfin bon, voila, j'ai une excuse pour ré-essayer.
Après on s'est dirigé vers le musée Cooper-Hewitt (musée national du design), qui est juste au bout de la rue et auquel nous avions eu la flemme de nous rendre jusque là... Le bâtiment est génial, à taille très humaine pour un musée (ancienne demeure de Carnegie, qui dans les années 1920 s'est exilé dans ce qui était encore le champêtre Upper East Side pour avoir un peu de calme... Pas de chance, tous ses petits copains milliardaires lui ont emboîté le pas; de dépit, il en a donné sa bicoque aux musées nationaux). Notre timing par contre était assez mauvais, car ils étaient entre deux expos, donc pas grand chose à voir si ce n'est la sélection assez étrange des frères Campana (architectes brésiliens qui semblent aimer tout ce qui ressemble à un croisement entre le design de grande consommation et des matériaux pris directement dans la nature: cheveux, pailles, batons, insectes...). Mais nous aurons au moins pu profiter d'une petite salle au sous-sol où sont exposés des catalogues de matériaux, couleurs et autres tissus. La juxtaposition de tous ces catalogues est étrangement stimulante et satisfaisante en même temps, comme les collections de boutons ou de timbres que l'on fait étant enfant.
Enfin pour rassurer Nolwenn que oui, à New York ou à Paris, ça finit toujours par de la glande, les dimanches, on s'est posé devant notre nouvelle immense télé pour regarder les 7 Samourais. Je suis encore éberluée de la qualité de la photo (et pour les gens qui lisent Stephen King, c'est un film à voir en parallèle de la lecture des Loups de la Calla. L'histoire est exactement la même, c'est tout à fait reconnu par King et je ne le savais pas!).
Et pour l'anecdote: lundi je suis allée faire mon "physical" (check-up en français dans le texte). Je n'avais rien de spécial à raconter, à part les maux de dos qui me tourmentent depuis quelques semaines... J'espérais me faire envoyer chez un kiné (il faut une recommandation pour que l'assurance rembourse). Et bien le premier réflexe de mon nouveau docteur: médocs, bien sûr... Un anti-inflammatoire et (pour bien dormir quand ça fait mal), du Valium.
Je devais être la dernière habitante de l'Upper East Side à ne pas être sous valium, voila, maintenant je fais partie du quartier!
01:17 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.02.2008
Dimanche Dynamique
Samedi ayant été consacré à de la glande (ben oui, c'est fatigant, les semaines), et comme je prenais l'avion dimanche en fin d'après-midi pour l'univers impitoyable des prairies empétrolées (réunions texanes lundi-mardi, trop bien), j'ai décidé que dimanche matin il n'y aurait pas de grasse matinée, mais un brunch et du shopping.
Direction donc Jing Fong pour des dim sum histoire de bien commencer la journée (je préfère nettement les petits déjeuners salés, rien à faire...). C'est un immense restaurant au coeur de Chinatown, avec une salle assez grande pour être convertie en salle de réception pour deux banquets de mariage en même temps... Et je parle bien des mariages chinois, où même le beau-frère de la dermato du petit cousin du vétérinaire qui a soigné Kiki il y a 25 ans est invité. Une salle immense, donc, où passent des dames qui poussent des chariots débordants de délices fumants et des messieurs en veste bleu marine qui vérifient que vous avez du thé et prennent un air important. Nous avions découvert avec un collègue qui parle couramment le mandarin*, nous y sommes retournés sans personne pour faire la traduction, et avec un ami nippo-américain qui nous a définitivement brouillé avec les serveurs quand il a demandé de la sauce de soja (c'te plouc!). Mais globalement c'est tout aussi délicieux quand on ne sait pas ce qu'on mange, et à part les deux ou trois fois où Chris a essayé de faire venir un chariot qui visiblement n'était pas pour nous, tout s'est bien passé.
* et Clémentine-c'est-ma-cousine, of course!
Du coup après pour le shopping, j'ai (comme d'habitude) complètement été nulle pour acheter des fringues (résultat: 0), mais par contre les jolis plats ci-dessus font désormais partie de la famille, et pourront accueillir les ingrédients ci-dessous (et une petite douzaine de leurs amis aliments):

Le monsieur a tout de suite deviné ce que je voulais cuisiner quand je lui ai demandé de la pâte de Tamarin et des crevettes séchées... Ce week-end, ça va être Pad Thai!
Ça fait longtemps que je ne vous avais pas fait un petit post de pétasse matérialiste, moi...
03:19 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.02.2008
Où la veuve crépitante se remémore les cygnes au bord du Loing
Parmi tous les types de cafards qui s'engraissent une fois de temps en temps de mes idées noires, il y en a un tout spécial que je commence à peine, à 30 ans gentiment sonnés, à savoir déjouer. Pas à chaque fois, mais une fois de temps en temps. C'est celui que j'appelle "se passer au mixer". Celui qui commence petit joueur quand je suis un peu fatiguée (ou déçue ou déprimée, etc.), et qui va puiser au fond de ma tête toutes sortes de vieux sentiments de colère, d'humiliation, de peur (et là aussi aussi, et cetera), pour me rappeler à quel point je suis nulle, mal-aimable, inintéressante, et tout un tas d'autres charmants "tseteras". Une fois que la mécanique est enclenchée, les lames réduisent tout ce qu'elles trouvent d'amour-propre en une jolie purée écarlate, avec un léger bruit sarcastique à chaque fois qu'une dose d'auto-apitoiement est ajoutée au mélange.
[Je vous rassure tout de suite, je ne suis pas dans une humeur noire là tout de suite maintenant, et malgré ce que les nouvelles couleurs pourraient donner à penser, ce blog ne va pas virer à la complainte existentialiste de la jeune fille mal-aimée. Je fais juste une intro pour la suite.]
Là où je veux en venir, c'est que la quasi-totalité du combustible qui entraîne les lames semble provenir de mes années de purgatoire d'adolescence française de petite ville. Il me reste des centaines de souvenirs de cette période, chacun un fragment d'une histoire que je ne comprends pas, chacun isolé des autres comme s'ils n'avaient aucun rapport. La fois où F. m'avait mordu la main. Le cross du collège, avec le Balisto lait-miel-amandes que j'avais tenté de manger en courant (et recraché aussitôt), et l'incrédulité totale de L., bonne-en-sport, à l'idée que j'ai pu passer la ligne d'arrivée avant elle. Les moqueries sur ma jupe rouge préférée. Plus j'en écris et plus il m'en revient, la plupart atroces, unis non par une narration, mais par un commun sentiment de peur, de rejet et d'incompréhension. Quelques-un sont plus plaisants, en particulier le trajet entre l'école et la maison, avec le passage sur le pont, la vue sur les saules pleureurs, les "cascades". Et puis ce sentiment d'évasion, d'aventures, à chaque fois que je passais dans la rue des Tanneurs, plus ruelle que rue, pavée, secrète, moyenâgeuse et romantique à souhait. Les livres aussi, bien sûr.
Tout ceci est indicible. J'ai essayé plus d'une fois, mais ça n'est pas très intéressant, et je me donne à moi-même l'impression pathétique d'être restée coincée dans la peau de victime de mes treize ans. Et s'il y a un endroit au monde où je n'ai pas envie de me retrouver, c'est là-bas. Sauf, comme je viens de le découvrir, si c'est écrit par David Mitchell.
Vendredi matin, Black Swan Green (malheureusement, je crois que ce n'est pas traduit en français -- Lilou, tu sais ce qu'il te reste à faire!), c'était le livre que je devais me taper en vitesse pour préparer mon prochain cours de roman moderne (je me suis inscrit à un cours un peu décevant avec NYU, New York University. C'est plus un club de lecture qu'un réel cours... MAIS la liste de lecture me plaît énormément, alors je m'accroche et je vais à mon rendez-vous hebdomadaire papoter avec les mamies de New York). Je n'étais pas plus excitée que cela... Je me suis lancée vendredi soir, et je vais vous dire une chose: heureusement qu'une fois de plus, le boulot de Chris* m'a faite veuve pour le week-end, car je n'ai pas laché le livre depuis (sauf pour manger et pour regarder Shaun of the Dead, parce que quand même).
L'histoire est celle de Jason Tailor, l'année de ses treize ans, dans l'Angleterre glauquissime (Tchatcher, guerre des Falklands, début de récession, le rêve...) de 1982. Jason est tellement moi (à part qu'il évolue bien plus rapidement que je ne l'ai fait) que j'imagine qu'il est un peu tout le monde. Ses parents sont en guerre, sa soeur est une peste, l'école est une série de pièges qu'il ne comprend pas entièrement, et pour couronner le tout, il ne semble pas capable de résoudre tous les problèmes du monde à lui tout seul. Là aussi, j'imagine que le sentiment est familier.
C'est tellement bien que j'ai refermé le livre il y a trente minutes, et que je me suis précipitée pour écrire ici. Que ça m'a fait pleurnicher. Que j'ai envie d'écrire une nouvelle ou deux. Que je vais reprendre le livre dès ce soir pour le disséquer d'un peu plus près. La prose est originale, la structure parfois audacieuse (c'est chronologique, mais il y a des blancs), mais tellement maîtrisée que ça ne se remarque pas au détriment de l'histoire. Pardon, que cela sert l'histoire, lui donnant ce sentiment de réalisme des souvenirs qui tentent d'être honnêtes. Et puis c'est impitoyable, amer, ironique, enthousiaste, avec des éclairs de soulagement et de plaisir dans le "ciel bas et lourd"** d'avoir treize ans et de n'être que partiellement un crétin enhormoné.
Bref, chaudement recommandé.
* qui travaille pour Crispy Gamer, pour ceux que le titre de cette note avait emperplexifiés.
** madame X, qui était ma prof de français en 1ère: toutes mes excuses pour vous avoir intérieurement maudite de nous faire apprendre par coeur des poèmes de ce prétentieux de Beaudelaire. Celui-ci s'est incrusté, et nous avons même fini par devenir copains. Comme quoi.
00:40 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

