12.10.2007
A l'heure qu'il est, une dizaine d'employés regardent "Le jour des marmottes" sur la télé du service marketing
Avant-hier, pendant que j'étais dans l'avion entre New York et Los Angeles, il s'est passé un événement majeur pour mon entreprise chérie (pas de nom, bien sûr, parce que je pense que la boite va être googlisée un peu trop souvent par des gens que je ne souhaite pas voir atterrir ici dans les prochains jours). Grâce à la magie parano du Blackberry, je l'ai découvert en lisant mes mails sur la piste d'atterrissage: licenciements massifs à venir. Et je suis non seulement dans une des branches concernées, mais même dans une des fonctions les plus vulnérables… Radio-moquette annonce même la fermeture du bureau dans lequel je travaille – ce qui est loin d'être impossible.
On en saura plus dans un mois – en attendant, il va falloir vivre dans une boite où les gens ne démissionneront plus chaque semaine (comme c'était le cas depuis quelques mois), mais où les abandons risquent de devenir quotidiens. Et puis je crois que je vais devoir repartir pour un coup à consulter un avocat, histoire de savoir quelles sont mes choix si jamais je suis virée. Au pire des cas (et j'étais un peu restée sur cette idée), un licenciement signifie pour moi 90 jours pour trouver un nouvel emploi avec visa, ou quitter le pays. Et il me semble qu'il n'y ai aucune chance de trouver un emploi sans visa. Je vais tout de même me renseigner un peu plus sérieusement.
Et là, personne ne bosse... La moitié de la boite est au restau; l'autre moitié ragote, regarde la télé ou fait son CV. J'ai appris en arrivant que l'un des départements s'était fait vider hier soir, dans son intégralité: 5 personnes (c'était le plus petit département de la boite, le mien est le suivant par ordre de taille...) qui ont appris hier soir qu'ils avaient deux mois de préavis, mais que ce n'était pas trop la peine de revenir pendant ce temps-là...
Ambiance.
18:45 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
27.09.2007
Pour un tour
Retour calme au boulot cette semaine… Je dors entre 10 et 11h00 par nuit depuis notre retour, terrassée chaque soir lorsque sonnent les coups de 22.00, du coup je suis en forme. Ce qui tombe bien, car après la relative accalmie du retour, on recommence l'agitation dès ce week-end avec un vendredi soir à Brooklyn et un week-end de mariage à Boston.
En attendant, à mon tour de faire ma Carla, ma Vanessa… Euh non… Bref. A mon tour de faire l'intéressante, tout simplement.
La semaine dernière à Paris, mes amis m'ont offert une pile de livres lourdes comme un excédent de bagage (heureusement que je voyage avec un homme musclé pour porter mes valises). Ça m'a touchée en plein dans le mille, mes chers, et du coup j'avais envie de vous dire ce que j'en pensais, au fur et à mesure de mes lectures. Evidemment, ce qui aurait du se limiter à quatre mots s'est vite transformé en roman-fleuve, donc mon premier compte-rendu a la concision d'une fiche de lecture ambiance vous écrirez 300 mots plus ou moins 10%. Oui madame. Sujet: Ni d'Eve ni d'Adam, d'Amélie Nothomb. Et comme à l'école je donne une note: 13/20. Parce qu'au fond, j'ai une âme d'instit'… Tous mes collègues vous le confirmeront.
Le premier roman de ma série d'automne aura donc été, paresseusement, le plus court... Je dis paresseusement bien plus qu'à cause de l'alliance familière "police 40 – 120 pages" (question format on ne me refera pas, je préfère définitivement les poches): Amélie, c'est bien connu, c'est de la lecture facile pour intellectuelle fatiguée. Enfin c'est bien connu de moi, qui ai tendance à regarder un peu de haut tout ce qui est moins chiant que Balzac*, avant d'aller m'enfiler un Stephen King ou un Patricia Cornwell.
Pourtant à chaque fois elle m'étonne, Amélie. Etonnement étonnant, puisqu'elle me surprend constamment de la même façon… Depuis Hygiène de l'Assassin, je suis toujours un peu déçue par ses débuts de roman. Dieu sait pourquoi, je trouve ça toujours pareil: bien, mais un peu plat. Phrases passables, mais pas très excitantes, d'une platitude de planche à pain. Paragraphes un-peu-courts-jeune-fille, hachant le rythme et cassant l'harmonie; vocabulaire mélangeant serviettes et torchons sans que l'on sache toujours bien pourquoi; intrigue trainaillant en chemin.
Et puis tout à coup, trois pages me prennent en embuscade. Je me retrouve soudain à parcourir des phrases toutes fraiches, comme (au hasard dans ce cru-ci) "c'était desceller son tombeau pour déboucher sur le mystère", "le salut me foudroie les tripes", ou encore "l'aube balbutiait le jour". Il y en a d'autres; vous pouvez chercher, elles se tiennent toutes sur quelques pages. A ce stade-là, en général, le livre me rattrape et me tient jusqu'au final. Dans ce cas particulier, je n'ai pas trouvé la suite particulièrement inspirée, sauf justement le dénouement où j'ai versé une larme surprise par tant de délicatesse.
Du coup, je ne vais pas vous dire que c'est mon livre de l'année, mais j'ai bien aimé ce cru Nothombien... J'y ai trouvé des flashs de cette lucidité humaine que je lui admire sur la cruauté, ici appliquée au sujet qui lui semble plus violent de l'élégance affective. Du coup je referme le livre en ayant envie d'ouvrir le prochain, pour voir si elle ose se re-frotter aux beaux sentiments, ou si par contrecoup nous aurons droit à une orgie de noirceur… Bien joué mademoiselle!
Et vous, vous en avez pensé quoi, de ce livre que vous m'avez offert? Vous pouvez me le dire par mail ou en commentaire, s'il vous plait...
* provoc spéciale pour un de mes lecteurs occasionnels.
22:35 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
06.08.2007
Alive and well
Une semaine au ralenti. Enfin.
Presque des vacances, ce calme, après un mois étouffant d'activité (et je ne parle pas d'activités de type visite de musées, films et pique-nique à Central Park, non non non, je parle d'activité du genre déménagement -- dans la bonne humeur et les complications sans fin, je vous épargne le roman, et puis du boulot du boulot du boulot, une quantité de travail comme je n'en avais plus eu depuis GfK, le genre où je travaillais tous les soirs, tous les jours week-ends inclus, au point d'en mettre le réveil un samedi matin pour partir en interview ou de brancher l'ordinateur dans notre nouvel appartement le jour même de l'emménagement, "j'en ai pas pour longtemps chéri, on se voit dans deux ou trois heures, OK?")
Si la phrase précédente était à se noyer, c'est que j'ai réussi à produire l'effet recherché.
soir à 8, un coup je pars à 8 heures et je rentre à 5, j'avais l'impression de flotter en apesanteur, un peu de temps devant moi, et certainement pas l'énergie de chercher à faire des choses intelligentes. Du coup j'ai passé un peu de temps dans le canapé pour faire connaissance avec Carbomb (ou Carrie), notre petite chatte explosive), dévoré La Reine des Damnés pendant la semaine, et le der' des der' Harry Potter ce WE.
Et puis je me suis consacrée à un livre de cuisine qui me tracasse depuis longtemps, le très joli "Mes Petits Plats Préférés" de Trish Deseine (ça a l'air génial, et puis à chaque fois que je l'ouvre, je ne trouve rien qui me semble convenir au temps, à mon humeur du moment, à la couleur des nuages...). Cette fois-ci, quand je l'ai ouvert, toutes les recettes s'étaient transformées en trucs légers, du genre cassoulet, kouglof et épaule de porc farcie au lard et frite dans l'huile de bacon. Tout à fait de saison par les doux 30 degrés et 70% d'humidité qui nous échoient en août. Mais cette fois-ci j'ai résisté à la malédiction, j'ai épluché le livre pour ses recettes estivales, et j'ai donc fini par produire cinq-six plats tout à fait délicieux (mention spéciale à la soupe froide de pois et menthe, sur laquelle j'étais plus que méfiante et qui s'est révélée un vrai petit moment de bonheur. La prochaine fois, je la fais avec du bouillon de rosbif à la place de la volaille, comme ça j'aurais un déjeuner anglais complet dans chaque bol). Et puis ça a été l'occase de faire une ratatouille (promise à Chris suite au film du même nom, et une madeleine proustienne pour moi), et des rillettes comme j'en rêvais depuis que Nam avais chroniqué les siennes.
En gros, maintenant, j'ai un chat, je lis des livres pour adolescents et je fais la popote. Bref, j'ai vraiment la vie glamour dont rêvent les filles qui partent s'installer à New York.
Je vous ai dit que j'étais heureuse?
05:20 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
12.07.2007
Moléculaire, spectaculaire... Et un peu gamin?
Bon, ça y est, je crois que j'ai passé une limite... Et attention: cette note parle de bouffe, de bouffe, et seulement de bouffe. Vous êtes prévenus.
Comme je l'écrivais récemment, je suis donc à Chicago pour trois jours. Pour le boulot. Et j'en ai profité pour aller tester le semi-célèbre et plutôt haut de gamme restaurant d'Homaro Cantu, Moto.
J'avoue que je n'en menais pas large en arrivant au restaurant pour dîner seule: manger seule dans un café, pas de problème, mais dans un restaurant gastronomique... Et puis c'était ma première expérience de "cuisine moléculaire", et l'approche très intellectuelle de la nourriture que cela suppose m'intimidait un peu. Pour ceux qui se demandent "mais c'est quoi, nom d'un p'tit bâton en bois, la cuisine moléculaire?", je vous avoue que je ne suis pas beaucoup plus avancée que vous. Globalement, Hervé This (un scientifique français! Cocorico!) a inventé le terme de "gastronomie moléculaire"pour parler de l'étude scientifique des phénomènes culinaires, et la communauté foodie en a dérivé le terme de "cuisine moléculaire" pour décrire l'approche de chefs qui utilisent les technologies modernes dans leur cuisine. Le plus célèbre de ces chefs est sans doute Ferran Adrià... qui, pour tout simplifier, rejette le terme de "gastronomie moléculaire". Mais concrètement, ce que cela signifie: beaucoup de créativité, de textures inattendues, et de trucs pulvérisés/ glacés à l'hydrogène liquide/ etc. La fierté d'Homaro Cantu étant apparemment son papier comestible, sur lequel il imprime ses menus et plein d'autres trucs plus ou moins intéressants.
A ce stade, les lecteurs avisés que vous êtes ont déjà compris que j'ai une bonne petite dose de scepticisme vis-à-vis de cette approche, qui a une fâcheuse tendance à me sembler gadget...
Mais je voulais essayer. J'ai donc pris mon courage à deux mains et ma carte bleue de l'autre, j'ai commandé le menu dix plats avec un verre de Riesling (j'ai finalement goûté onze plats, grâce au serveur qui m'a prise en affection, et m'a également offert un verre de Sauternes pour aller avec les desserts). Pour une description poussée, je vous recommande Tammy's blog, nous avons commandé le même menu. Moi, je vais abréger un peu cette note qui n'en finit plus!
Verdict: je ne me moquerai plus! Certes, il y a des choses un peu ridicules, comme le cracker parfumé au Daïquiri fraise (ça n'est déjà pas terrible comme boisson, alors avec une texture de papier...) ou les desserts qui imitent des plats salés (le "hot dog" où le pain est de la brioche un peu dure, la saucisse un sorbet fraise délicieux, la moutarde du lemon curd, les cornichons de la poire asiatique confite: rien ne va ensemble! Les "nachos" avec des chips de maïs glacées au sucre sans intérêt, du délicieux guacamole menthe et kiwi, de la "viande hachée" sous forme de chocolat noir, etc... J'ai fini par manger juste la gelée et le chocolat, tout le reste ne servait à rien). Oui, le "papier comestible" n'a aucun intérêt, et franchement, ça a fini par m'irriter de lire le blabla légal (copyright) imprimé sur chaque feuille. Mais la présentation de la grande majorité des plats était merveilleuse. Et surtout, il y a des plats extraordinaires dans le menu (pas les desserts, en ce qui me concerne...)
Cas numéro un, mon préféré absolu: de la raie, cuite au beurre, avec une sauce au popcorn crémeuse et des nouilles asiatiques fruit de la passion (un peu comme une gelée de fruit). Je n'ai jamais, avant hier soir, trouvé le fruit de la passion mangeable. Comme contrepoint acidulé à un plat salé, cependant... Et la texture lisse et fraîche faisait partie de son charme: je doute franchement qu'une sauce plus classique avec ce fruit aurait eu le même effet.
Cas numéro deux: la mousse glacée de betteraves rouges et jaunes, avec sa fantastique sauce au chèvre et des cubes de bacon. Les betteraves sont pressées, montées en mousse, puis déshydratées et congelées. On dirait que ça sort de Star Trek? J'ai entendu "beurk, de la betterave" dans un coin? Je comprends, mais faites-moi confiance: le résultat est surprenant, agréable, et très, très gourmand. Je ne suis pas folle de betterave habituellement, mais surtout à cause de sa texture qui m'écoeure avec une sauce vinaigrette; en savoureux cristaux, c'est une autre histoire!
(Crédit photo: Rhenee)
Cas numéro trois:le saumon d'Ecosse et sa poudre de sésame glacée à l'hydrogène liquide. D'abord parce que c'est super cool! L'hydrogène liquide dans lequel votre serveur pêche le sésame, la sensation de petites bulles en bouche à la première cuillère, le contraste des saveurs poivrées et agrumes de la sauce avec le reste du plat... Presque parfait.
J'ai bien aimé aussi un gratin crémeux de pâtes croquantes avec des morceaux de caille, le cube d'épaule de porc mariné, fumé et ses brocolis chinois au gingembre et soja, la truffe de chocolat blanc au coeur de barbapapa liquide et le crumble dé-construit fraise et mousse de Graham crackers... 7 plats réussis, 2 moyens et 2 décevants, dans une atmosphère moderne mais simple et conviviale, un service aux petits oignons... Et je ne me suis pas ennuyée du tout pendant mes deux heures de repas solitaire! Je ne sais pas si je le referai souvent, mais une expérience que je ne regrette pas du tout.
La seule chose que je changerais: j'aurais adoré partager mes impressions en live hier... Il va falloir que je trouve un site de rencontres avec d'autres gens qui veulent tester des restos haut de gamme, mais ne veulent pas en imposer l'addition à leurs amis!
17:56 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
09.07.2007
Paris, le France, et toute cette sorte de choses
Champagne! Rosé, de préférence: Chris et moi serons en visite à Paris cet automne, du 15 au 22 septembre pour être précise. Nous passerons les premiers jours (jusqu'au mardi après-midi) dans ma famille, mardi soir en amoureux à Paris (histoire de lui donner une soirée pour souffler un peu entre deux tournées de francophones), et ensuite Paris. Je vais essayer de voir un max de gens, mais il va falloir s'organiser, car nous repartons le samedi en début d'après-midi... Malheureusement, la politique rachotte de vacances en vigueur ici (et quelques mariages aux U.S. que nous ne voudrions rater pour rien au monde) ne nous permettent pas de rester plus longtemps.
Au programme: chez les parents, faire le marché, le château, une ballade en forêt, et on verra bien. A Paris, le bar Hemingway au Ritz, un repas au Coupe-Chou, un massage dans un endroit top (encore à définir) avec ma soeur N., à qui je dois après tout son cadeau d'anniversaire. Et puis j'aimerais bien voir le musée du quai Branly, ouvert après mon départ. Et puis... Le reste est à définir avec vous.
En attendant, notre actu ici est centrée sur notre déménagement... C'est pour samedi prochain. J'ai tellement hâte de
nous retrouver enfin dans notre 3-pièces (deux minuscules chambres et un salon... Nous allons avoir un bureau! Le luxe!). Et puis c'est au troisième étage, dans un bâtiment propre, et plus près de l'avenue où sont tous les commerçants/ bars/ restaurants. Comme je passe presque toute la semaine à Chicago pour le boulot, nous avons fini quasiment tous nos cartons ce week-end. A peine avons-nous eu le temps de caser une séance de ciné pour aller voir le dernier Pixar, Ratatouille. Un grand moment de bonheur: drôle comme Les Incroyables, presque aussi gourmand que Le Festin de Babette, et une véritable mise en appétit pour notre prochain voyage parisien. Recommandé dès que ça sort en France!
Allez c'est pas tout ça - j'ai un peu de boulot à faire pour demain. Et puis il y a du poker à la télé...
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