23.06.2009
Just fine
Les bagages avancent, les formalités aussi, nous sommes même plus ou moins dans les temps prévus… Ah oui, car il y a de la gestion de projet pour ce déménagement – trois mois de chômage, et je ne tenais plus sans rétro-planning et debriefs réguliers!
Nous ça va, pas trop de stress, en revanche les chats nous chargent de transmettre que leurs maîtres sont complètement tarés de tout ranger comme ça, ils n'y comprennent plus rien.
J'ai hâte d'y être, maintenant que la décision est prise. Hâte d'avoir un coin de ciboulette dans le jardin, hâte d'aller cueillir des cerises dans une ferme ouverte au public, hâte de déballer tout mon barda et d'aller au concert de Tori Amos début juillet.
Par contre, niveau "apprendre à conduire", sans surprise, je ne suis pas du tout pressée!
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19.06.2009
Le grand cri du soir
Aaaaaaaah!
Ça fait du bien...
Je vis dans les cartons, j'ai commencé à me botter les fesses (séances quotidiennes de préparation aux tests d'entrée en programme de doctorat, idem pour l'écriture, idem pour la lecture de livres un peu plus difficiles que les multiples Stephen King de l'année passée), j'ai pris PLUS DE CINQ KILOS VENUS DE NULLE PART depuis que je suis rentrée de France (et ça ne va pas s'arranger avec tous les restaus de Brooklyn auxquels Chris et moi voulons dire au-revoir), les chats font la tête, c'est la fête des emails en retard, Chris prépare des cocktails...
... tout va bien, mais l'oeuf est plein, merci bien!
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10.06.2009
Indy -- premières impressions
Juste un petit mot en fin de week-end à Indianapolis... Chris et moi avons passé le week-end avec nos amis Gabe et Brett à explorer la ville et visiter différentes maisons à louer... Oui, j'ai bien dit MAISON!
Après un "saut de puce" de New-York à Indianapolis vendredi soir, dans un tout petit avion miraculeusement stable malgré les rideaux de pluie qui s'abattaient sur la majorité du parcours (ou peut-être devons nous attribuer ce calme à la même cause que l'impression qu'un voyage de plus de deux heures avait duré à peine plus de 15 minutes, à savoir un bon bouquin), nous nous sommes dirigés vers le centre-ville pour une nuit à l'hôtel. La première impression, donnée par l'aéroport, l'hôtel et ses environs (que nous avons explorés ce soir-là) était à peu près conforme à ce que j'attendais: une ville très propre, presque trop, moderne et sans grande quantité d'âme, servie principalement par des restaurants génériques (juste le niveau au-dessus de Mc Do et Wendy), avec ces grands monuments faussement grecs dont les pères fondateurs du coin semblent avoir été passionément épris. Peu d'animation passé 23h00, les troupes qui sortaient de concerts ne semblant pas s'attarder. En un mot comme en cent, une ville moyenne américaine typique, propre, confortable et ennuyeuse.
Le samedi fut un peu plus excitant: après avoir visité trois maisons dans le quartier recommandé par nos amis, Broad Ripple, nous avons passé un peu de temps dans les environs. Deux des maisons ne nous convenaient pas, la troisième restant une possibilité mais un peu trop isolée à notre goût. En revanche le voisinage nous a séduit avec son mélange de petits magasins indépendants, de bars et de restaurants. Les hippies semblent voisiner joyeusement avec les jeunes familles et les étudiants. Le centre du voisinage est très commerçant, avec très peu d'appartements, puis en anneaux se succédent un quartier résidentiel de banlieue américaine, composé de maisons individuelles avec jardinets bien entretenus et "driveways" (un peu plus charmant néanmoins que les versions texanes que j'en ai vu, car les maisons sont de styles très variés), puis au nord un quartier résidentiel plus diffus, avec de grands jardins, des parcs, de la forêt et le "Monon Trail", une voie construite sur l'ancien chemin de fer, et sur laquelle les résidents s'adonnent à toutes sortes d'activités incongrues (course, bicyclette, etc.); au sud la ceinture industrielle mal en point avec ses garages pourris et ses boutiques de tatoueurs.
Nous avons donc concentré nos efforts sur Broad Ripple, marchant à travers les quartiers pourtant chouettes ravagés de panneaux "à vendre" (on imagine les causes) et "à louer" (quartier étudiant qui donc se vide en été). Ainsi nous avons trouvé une petite maison que je m'obstine à avoir envie d'appeler une maisonnette tant je l'ai trouvée charmante: relativement compacte, elle a plein de détails chaleureux et un peu désuets, est cachée de la rue par trois larges pins et entourée d'un jardinet (je recommence) tarabiscoté avec un garage qui ressemble à une grange, un patio dallé pour les déjeuners d'été, un kiosque où s'abriter avec un bouquin... Le rez-de-chaussée est complètement ouvert, avec une petite entrée en bois, un long salon et une cuisine donnant sur le jardin; à l'étage, la salle de bain et deux chambres, dont une servira de bureau. Il y a une grande cave bien isolée qui sert de buanderie, de remise, et qui pour nous contiendra les litières des chats; la propriétaire, une hippie qui fait pousser des tomates et du basilic dans un jardin communal de l'autre côté de la rue, nous assure que ses chats à elle adoraient cette pièce, les fenêtres étant à la hauteur idéale pour observer les écureuils et les oiseaux.
Bucolique, non?
(Chris devrait mettre des photos en ligne sur flickr ce soir pour les curieux!)
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03.06.2009
Un bref entretien
Cela aura exigé des longues heures de préparation (un entretien de préparation avec l'avocat, une après-midi à rassembler documents officiels, factures communes, relevés de comptes, à imprimer des photos et à retrouver des cartes postales addressées à nous deux) et un bon moment d'attente (convoqués à 9h00, nous nous sommes sur les conseils de notre avocat présenté sur place à 8h15, pour n'être finalement reçus qu'à 10h00), mais c'est passé très vite à partir du moment où nous avons été reçus: la main levée, j'ai juré de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité (apparemment, il aurait suffi que je réponde "oui" à la question), nous avons raconté quelques anecdotes, Chris a répondu que le prénom de mon père était Jean-Pierre (puis s'est exclamé "Jean-Yves!! Jean-Yves!!" au milieu de ma réponse à la question suivante), et le fonctionnaire de l'immigration a griffonné quelques hiéroglyphes au bic sur mon passeport.
Et c'est en fini de mon entretien avec les services de l'immigration.
Chris et moi étant marré depuis moins de deux ans, la carte verte qui devrait en découler ne sera que conditionnelle, mais une fois que je l'aurais en poche, je serais libre de vivre et travailler où je le veux ici. C'est un pas supplémentaire dans la reconquête de cette liberté personnelle dont je me sentais privée depuis que je suis venue ici. Non que mon employeur m'ait maltraitée, au contraire, mais le simple fait de savoir qu'il pouvait me prendre, s'ils me licenciaient, le droit de rester sur le même sol que mon amour, le fait de ne pas pouvoir changer d'employeur... Un mois d'attente maximum avant d'avoir les documents en poche, une simple formalité!
Dans la salle d'attente, je finissais la lecture de l'Orestie d'Eschyle. L'oeuvre elle-même m'a favorablement surprise, facile d'accès et pleine d'humour, à des lieues du blabla daté et grandiloquent auquel je m'attendais (même si Eschyle parle parfois pour ne rien dire!). Lire la scène du jugement d'Oreste à Athènes, qui marque le passage antique du droit du mariage (patriarcal) sur le droit du sang (matriarcal) était une coïncidence amusante, comme le fait de me retrouver dans cet antre de la bureaucratie juste après avoir récemment fait étape chez Kafka.
Comment ne pas aimer les livres quand ils ont cette façon d'être toujours au bon endroit, au bon moment pour leur lecteur?
17:41 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
01.06.2009
Des nouvelles! Des nouvelles!
Alors oui, je dois une note à ce blog, et de taille encore, car je n'y ai rien mis depuis des années... Il faut dire que le chômage finalement m'occupe beaucoup plus que prévu!
Mais en quoi? Que je vous raconte...
1) Ecrire! Certain(e)s d'entre vous, chers lecteurs et lectrices, ont reçu ces derniers temps des nouvelles plus individuelles que ne le permet un blog... Mais cela encore n'est que la partie émergée de l'iceberg. Je me suis lancée aussi dans l'écriture d'une nouvelle d'abord, et puis ensuite d'un "quelque chose" qui prend des proportions de roman. C'est très difficile à écrire, probablement trop ambitieux pour mes capacités actuelles (d'autant que je l'écris en anglais), mais ça prend du temps. J'ai réussi à me tenir à écrire tous les jours (ou presque, j'ai manqué trois jours en un mois) depuis le premier mai, et ça grossit, et ça me prend de plus en plus de temps chaque jour de trouver mes mille mots, car l'intrigue devient compliquée, etc. mais je m'y tiens et c'est une grande victoire!
J'écris un peu aussi dans le cadre du petit 2 qui va suivre...
2) Lire -- mais quelle surprise Charlotte! Enfin disons que je lis de façon plus systématique et régulière que jamais, car je me suis décidée: à la rentrée, je commence une licence de lettres modernes à distance avec Paris 3 La Sorbonne... Et j'ai d'immenses trous dans la culture gé que je serais censée avoir acquise pendant le DEUG. Et puis je pense présenter en 2010 (sauf si l'expérience de la licence se révèle décourageante) des universités américaines en programme "post-graduate" (mastère, puis éventuellement doctorat). Donc non seulement je lis pour la licence française, mais aussi pour le GRE, un test de culture générale qui est demandé pour toutes les inscriptions en fac américaine, et qui est déterminant dans la qualité des programmes auxquels je peux prétendre. Or, si j'ai des "trous" dans ma culture générale française, on peut parler de cavernes dans mes connaissances littéraires anglo-saxonnes; je tâche donc d'y remédier, et pour ne pas tout oublier une fois lu, je prends des notes, je m'écris des résumés et des commentaires... Ça occupe aussi.
3) La décision de reprendre des études ne se fait pas toute seule... Pour l'instant, je suis au chômage, j'ai le temps de faire tout ça, mais je sais bien que si je reprends un boulot comparable au précédent, tous mes projets vont passer par la fenêtre. D'un autre côté, je n'en trouve pas, de boulot, justement, en tout cas pas à New York... D'un troisième côté (je vous préviens on va au moins jusqu'au quadrilatère, alors accrochez-vous), Chris et moi ne pouvons pas vivre à New York sur son seul salaire, en tout cas pas sans migrer dans une banlieue lointaine et délétère, et je lui imposerais pas d'être le seul travailleur du couple ET de vivre dans des conditions pareilles… Un quatrième angle (bon, en fait je vais vous faire un pentagone, c'est géographiquement de rigueur et il me reste des choses à ajouter) révèle à notre lecteur ébahi que Chris et son ami Gabe se trouvent très près de lancer leur propre business, mais que c'est rendu plus difficile par la distance car Gabe habite à Indianapolis, et enfin le boulot de Chris accepte qu'il habite où il veut et travaille de chez lui…
Ce pentagone existentiel se trouve résolu élégamment par une solution que j'ai encore un peu de mal, parfois, à annoncer: Chris et moi partons vivre à Indianapolis, probablement à dater du premier juillet et jusqu'à l'automne 2010, que j'entre en fac ou que nous retournions dans une métropole pour retrouver notre vie d'avant à ce moment-là… Un an de réflexion (pendant lequel, tout de même, j'espère pouvoir travailler et contribuer aux finances du couple; mais si j'ai du mal à trouver, ce sera moins un drame que si nous restons où nous sommes), donc…
Et pendant le temps qu'organiser tout cela me laisse, je règle les problèmes administratifs en suspens depuis quelques mois autour de mon changement de nom, des finances du couple, de ma carte verte provisoire (interview mercredi, les enfants!), et je soutiens mon homme comme une bonne petite femme des années 60, car il bosse comme un fou sur le re-lancement du site web qui l'emploie en ce moment: je fais donc tout à la maison pour qu'il ait ses soirs et ses week-ends à consacrer au boulot… D'ailleurs là nous sommes dimanche soir, 18h15, et je suis à son bureau pour le soutien moral de la bonne cause.
C'était un bon pavé indigeste, tout ça, non?
Pardon!
00:19 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

