03.06.2009

Un bref entretien

Cela aura exigé des longues heures de préparation (un entretien de préparation avec l'avocat, une après-midi à rassembler documents officiels, factures communes, relevés de comptes, à imprimer des photos et à retrouver des cartes postales addressées à nous deux) et un bon moment d'attente (convoqués à 9h00, nous nous sommes sur les conseils de notre avocat présenté sur place à 8h15, pour n'être finalement reçus qu'à 10h00), mais c'est passé très vite à partir du moment où nous avons été reçus: la main levée, j'ai juré de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité (apparemment, il aurait suffi que je réponde "oui" à la question), nous avons raconté quelques anecdotes, Chris a répondu que le prénom de mon père était Jean-Pierre (puis s'est exclamé "Jean-Yves!! Jean-Yves!!" au milieu de ma réponse à la question suivante), et le fonctionnaire de l'immigration a griffonné quelques hiéroglyphes au bic sur mon passeport.

Et c'est en fini de mon entretien avec les services de l'immigration.

Chris et moi étant marré depuis moins de deux ans, la carte verte qui devrait en découler ne sera que conditionnelle, mais une fois que je l'aurais en poche, je serais libre de vivre et travailler où je le veux ici. C'est un pas supplémentaire dans la reconquête de cette liberté personnelle dont je me sentais privée depuis que je suis venue ici. Non que mon employeur m'ait maltraitée, au contraire, mais le simple fait de savoir qu'il pouvait me prendre, s'ils me licenciaient, le droit de rester sur le même sol que mon amour, le fait de ne pas pouvoir changer d'employeur... Un mois d'attente maximum avant d'avoir les documents en poche, une simple formalité!

Dans la salle d'attente, je finissais la lecture de l'Orestie d'Eschyle. L'oeuvre elle-même m'a favorablement surprise, facile d'accès et pleine d'humour, à des lieues du blabla daté et grandiloquent auquel je m'attendais (même si Eschyle parle parfois pour ne rien dire!). Lire la scène du jugement d'Oreste à Athènes, qui marque le passage antique du droit du mariage (patriarcal) sur le droit du sang (matriarcal) était une coïncidence amusante, comme le fait de me retrouver dans cet antre de la bureaucratie juste après avoir récemment fait étape chez Kafka.

Comment ne pas aimer les livres quand ils ont cette façon d'être toujours au bon endroit, au bon moment pour leur lecteur?

Commentaires

Felicitations! Voila une bonne chose de faite. Bon courage pour les visites a Indy ce WE!

Anectdote amusante: la pub Google en haut de ton blog proposait des services d'avocats pour le divorce! Vive les pubs contextuelles...

Ecrit par : Guillaume | 06.06.2009

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