15.04.2008
Sentiments décousus
Si on était noté sur nos "talents de vie" (et je vous avoue que c’est une idée plutôt tentante pour l’éternelle bonne élève que je suis, enfin une sérieuse motivation pour me mettre à la pensée positive ou essayer un peu plus sérieusement de voir le côté humain de mes voisins de métro: à n'en pas douter en 15 jours je serais une personne plus aimable, plus heureuse, à la peau douce et lisse de ceux qui dorment sur une juste conscience), donc… Si l'on était noté sur nos talents de vie, disais-je, je sais déjà en quelle matière j'accumulerais les zéros pointés et les petites phrases assassines sur le bulletin de notes: le "lâchage d'affaire".
[Si je peux me permettre un aparté, j'en profite pour faire un gros bisou à l'expression "zéro pointé" qui est toute bête mais qui me réjouit depuis des années, avec son caractère bien tranché, son petit bruit sadique de stylobille s'abattant avec une netteté perforante en bordure d'un gros zéro tout mou, signifiant sa nullité a-vé-rée, définitive, terminus tout le monde descend y'a rien à voir, l'est tout rouge de honte le zéro maintenant!]
Oui bon en digressions je suis bonne, donc. Mais je parlais de lâcher l'affaire. Passer l'éponge, couper les ponts, laisser tomber, ça dépend des fois. Là en revanche, je suis plutôt nulle. Les griffures au cœur des dernières années sont toujours sensibles, et ce malgré tout mon bonheur présent. Peut-être même, parce que les sentiments se nourrissent les uns des autres, la perte de D. m'est-elle plus sensible en ce moment. Quand je pense à mon mariage, il y a dans ma joie une fêlure de savoir que je ne le partagerai pas avec elle, qui était mon témoin bien avant qu'il y ait un époux.
Ce n'est pas que je voudrais être capable de la détester soudain, ni même de l'oublier. C'est plutôt beau de savoir que l'amour n'est pas obligé de mourir avec la fin d'une relation, non? Mais si j'étais capable de tirer un trait sous la joie des belles années et la peine ressentie il y a dix-huit mois, et d'en regarder la somme pour ce qu'elle est, sans avoir besoin de revivre à nouveau ce qu'il faut bien accepter pour mort, il me semble que ce serait pour le mieux.
Enfin bon. On y travaille encore, quoi.
06:01 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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