31.10.2007
Ca, c'est fait
"Tell everyone you know that you're writing a novel in November. This will pay big dividends in Week Two, when the only thing keeping you from quitting is the fear of looking pathetic in front of all the people who've had to hear about your novel for the past month. Seriously. Email them now about your awesome new book. The looming specter of personal humiliation is a very reliable muse."
Donc, en Novembre, je vais m'essayer au National Novel Writing Month -- le but est d'écrire 50 000 mots en un mois... Bien sûr, avec ce rythme de production, personne ne s'attend à écrire un bon roman, juste un truc assez pesant pour pouvoir ensuite fièrement annoncer qu'on est écrivain. Je suis absolument terrifiée, je n'ai pas la moindre idée de ce que je vais écrire (la seule chose dont je sois sûre, c'est qu'il va falloir se calmer sur les italiques), mais je vais le faire. Comme par le passé j'ai toujours constaté mon incapacité à écrire des mails + 1 blog + autre chose en même temps (on dirait que j'ai une limite de mots, et que je ne peux pas aller au delà), par pitié ne m'en veuillez pas trop en cas de silence novembresque. Ou novembriste, selon les sources.
Sur ce, pour suivre mes progrès (et me mettre la pression), vous pouvez aller là, puis cliquer sur l'onglet NaNo stats (saleté de java qui ne me laisse pas faire de liens corrects...)
Ce soir, pour fêter ma dernière soirée "fear-free", parade de Halloween avec costumes effrayants à la clef...
17:15 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
26.10.2007
Ben tiens
Retour à la "normale" hier soir: j'ai du me taper trois kilomètres à pied dans le vent glacial, parce qu'apparemment un type est allé se planquer quelque part sur une des voies du métro après avoir braqué un restau. 5 ou 6 hélicos brassaient le ciel gris entre Harlem et chez moi, des flics partout, New York en pleine crise d'hystérie comme aucune autre ville ne sait les faire. C'est pas pour rien qu'on a Woody Allen et ses névroses à domicile, cette ville est frappadingue...
Bref. Tout ça pour dire que ma bulle dorée tendance "chance insolente" a crevée, et me voila replongée dans le monde réel: j'ai oublié ma carte Amex au bureau, ma nouvelle coupe de cheveux commence à frisotter avec autant de passion que l'ancienne, et bien sûr je n'ai pas gagné à la loterie.
D'un autre côté, je me suis fabriquée du bonheur en allant dîner en excellente compagnie chez Momofuku Ssäm Bar de quelques pork buns fondants, suivis de ris de veau tout à fait honorables, le tout arrosé d'un bon petit Vouvray... Histoire de fêter ma non-déportation imminente.
Et finalement, le coup de bol fait maison, c'était pas mal non plus.
21:40 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.10.2007
MOUHAHAHHAHAHAHA!
Les impôts. FRANCAIS. m'ont fait parvenir. un chèque. de remboursement. de mon "trop payé".
Bon, je résume ma semaine jusqu'à aujourd'hui: sans avoir rien demandé à personne, je me vois offrir mon job de rêve en plein milieu d'un plan de licenciement massif. Les impôts décident de me rendre des sous. Au boulot, j'ai aussi gagné (lundi) le "Team Player of the Month Award" -- qui rapporte un bon d'achat de $50. Et Chris vient de décrocher un contrat sur un projet qu'il adore (lié aux jeux vidéos, et en collaboration avec un de ses anciens collègues et toujours amis), projet qui sécurise son activité de free-lance au moins jusqu'à fin janvier.
Et le plus important: hier soir, les Red Sox (équipe de baseball que j'ai décidé de soutenir) ont gagné le premier match de la série finale (il faut en gagner 4 sur 7) par le score historique autant que ridicule de 13 à 1.
Ce soir, je joue au Loto. Et quand j'aurai gagné (à ce stade, les "si" ne sont plus de mise), je paye des billets d'avion à tous mes lecteurs désireux de venir me rendre visite à New York.
En première classe, évidemment.
15:05 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
24.10.2007
Le destin est taquin
Lundi: panique à bord. La journée se déroule en une stérile attente; je reçois juste une note m'informant que mon entretien individuel aura lieu le mercredi, à 10.00. Les annonces promises (ce qui va arriver à nos VP) ne sont pas faites, les réunions s'annulent peu à peu... En fin d'après-midi, une note annonçant réunion générale mardi matin à 9.00 arrive dans les boites email.
Mardi: réunion. C'est officiel: le marketing quitte New York entièrement. Les corps se détendent rapidement: presque tous savent désormais qu'ils ne souhaitent pas rester dans la boite, même si on le leur propose. Je garde un peu de sérénité grâce aux promesses faites deux jours plus tôt par ma boss, mais j'ai du mal à la préserver alors que dans la journée, mes copines passent une à une en entretien pour apprendre qu'elles sont virées, ou recevoir une offre qu'elles refuseront de partir chez les cow-boys.
Deux de nos trois VP partent, l'une virée, l'autre - Boucles d'Or - refusant comme prévu la proposition qui lui ai faite. La troisième hésite toujours...
En fin de journée, réunion de mon département: ma chef nous confirme que nous sommes tous employés jusqu'au 31 mars, et que ceux qui veulent auront ensuite un poste dans la nouvelle organisation. Elle me prend ensuite à part pour me confier un plan totalement différent qui me laisse sans voix: pour moi, un job de rêve. A New York. Travaillant de chez moi 2 à 3 jours par semaine. En tandem avec une fille géniale.
Chris et moi célébrons modérément le soir même... Je passe ma première nuit potable depuis une semaine.
Aujourd'hui: offre confirmée. Je n'arrive pas à y croire.
La seule ombre au tableau, c'est que je ne sais pas comment gérer cette impression d'avoir gagné à la loterie alors que mes copines perdent leur emploi... Mais oh mon dieu.
Ce boulot est TOP. Ils vont me payer pour apprendre et réfléchir. De chez moi. Horaire libre. Equipe rapprochée minuscule, grande équipe étendue.
Inattendu!
20:33 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
22.10.2007
Hot news
Tout d'abord, toutes mes excuses pour les posts immenses de ces derniers temps: d'abord ça me défoule, et ensuite j'essaie de prendre autant de notes que possible sur ce qui se passe parce que c'est assez intéressant (pour moi en tout cas...), et que j'essayerai bien d'utiliser cette matière plus tard.
Mais vous, vous n'êtes pas obligé de tout vous taper.
Je viens de raccrocher d'avec ma boss (et oui, le dimanche... Quand je vous disais qu'on stratégisait 24/24, ces derniers temps!), et il semble qu'il y i un espoir pour moi de rester à NY... Elle pense pouvoir créer une opportunité intéressante pour madame moi; je croise les doigts et j'attends les détails... Mercredi prochain, qui sera le jour de mon entretien individuel.
Bien contente d'avoir un rayon de soleil, dans ce WE qui avait commencé par un désastre: j'avais pris mon vendredi, et Chris et moi devions passer le week-end chez ses parents vendredi inclus... Mais après 6h00 d'attente à l'aéroport, notre avion a finalement été annulé et nous avons renoncé à quitter New York.
Ca nous a fait du repos...
00:01 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
20.10.2007
Attention, note fleuve… Ça défoule!
Mercredi, Petit Chef Marketing et La Gourou nous honorent de leur présence. Ils sont venus du siège pour une mission qui ne nous a pas été communiquée. Tout le monde imagine que c'est pour annoncer les licenciements, et les blagues fusent sur les cow-boys qui viennent de débarquer en ville, le flingue à la main. Certains font l'hypothèse un peu plus risquée que les deux hauts personnages viennent nous informer de leur licenciement et faire leurs adieux. Cela paraît peu probable: jusqu'ici, personne du siège ne s'est déplacé pour une autre raison que pour virer des gens. Toutes les annonces ont été faites par message téléphonique ou email – le contact le plus humain auquel nous avons eu droit à but purement informatif a été une vidéoconférence que les huiles locales ont exigée, "par respect pour les gens qui bossent ici".
Plusieurs personnes dont Sun Tzu, ma meilleure amie ici, et La Rouquine, une directrice marketing que j'aime beaucoup, ont des entretiens individuels avec La Gourou. Le sujet n'en est pas précisé sur l'invitation, et les spéculations vont bon train: ceux qui ont un entretien individuel sont-ils ceux qui partent, ou ceux qui restent?
J'ai le cœur un peu serré en me rendant compte, soudain, que tout le département marketing s'est mis sur son 31. Les femmes sont maquillées, les hommes ont ajouté une veste à leur chemise… J'en fais la remarque lors d'une discussion de couloir, et nous examinons les nouveaux arrivants. Quand finalement quelqu'un en fait la remarque à L, une chef de produit particulièrement élégante ce jour-là, elle lance dans son sillage un retentissant "If I'm going down, I'm going down in style, Baby!" Un des rares sourires général du jour s'ensuit…
Et ensuite, c'est l'attente. Tension à couper au couteau. Très vite nous apprenons que les entretiens mystérieux sont en fait des revues de projets. Tous les projets cruciaux des mois à venir sont passé en revue comme si de rien n'était. Les deux cow-boys ne semblent pas conscient de la peur qui se répand dans leur sillage; La Gourou en particulier, qui s'invite à déjeuner avec l'équipe innovation pour fêter l'anniversaire de la Rouquine.
Pendant l'après-midi, nous voyons ma chef faire des allers et retours entre le département RH et le bureau de passage dans lequel s'est installé Petit Chef, un papier à la main. L'organigramme? Comment savoir… J'essaie de me concentrer sur le boulot pour faire passer la journée, mais c'est trop dur. Comme tout le monde, je fais de régulières pauses ragots, jusqu'à ce que finalement, à trois heures, on apprenne qu'il y a réunion générale de tout le marketing – mon service, souvent marginalisé, est inclus dans la réunion. Les rumeurs repartent de plus belles: pas la peine de s'affoler, il ne va pas y avoir d'annonces majeures. Ou alors, on va au contraire nous dire qui de nos vice-presidents (le plus haut grade local) part, et qui reste. C'est une information cruciale: tout le monde sait que Boucles d'Or, une de nos deux VP, est très bien vue en haut lieu, mais refusera d'aller au Texas. Si elle est virée, ce sera un signe d'une fermeture probable du bureau de NY; sinon, il y a encore un espoir qu'il reste une présence réduite ici, et certains sauveront leurs jobs.
La réunion me laissera finalement blême de colère. Difficile d'expliquer pourquoi… Petit Chef est parfait – malheureux de faire ce qu'il a à faire, embarrassé, promettant de faire aussi vite que possible. Il annonce qu'entre mardi et jeudi prochain, chacun aura eu un entretien individuel avec le grand chef dont il dépend (comme le poste de directeur de notre département est vide depuis plus d'un an, cela signifie pour moi entretien avec Grand Chef Marketing), plus son manager direct, plus un membre des RH. Tout le monde, qu'on soit viré ou pas.
Il nous confirme aussi que les VP savent quel sera leur sort, mais qu'ils ont interdiction d'en parler avant vendredi… Ce sur quoi il se fait reprendre par Robocopine, une VP des RH qui semble se trouver dans une salle d'attente avant un massage, détendue, souriante. Robocopine ne pourra pas rédiger l'annonce officielle avant lundi, peut-être même mardi, parce qu'elle a vraiment beaucoup de boulot. Donc elle est désolée, mais on va tous attendre qu'elle soit prête. Petit Chef lui jette un regard noir, mais laisse passer.
Je crois que ce sont Robocopine et La Gourou qui m'ont laissée folle de rage hier. Aucune sympathie pour les 30 personnes massées devant elles, endimanchées et nerveuses. Robocopine a même tenu à nous rassurer personnellement que Petit Chef et Gourou aller vraiment conserver leurs jobs, que c'était fini à ce niveau, et elle l'a fait en leur tapant gaillardement sur l'épaule, avec le grand sourire vainqueur et les poings crispés d'une gagneuse, adressant à la ronde un sourire qui attendait que toute la salle applaudisse frénétiquement.
Raté. Je ne sais pas pourquoi, mais tous ces gens qui attendent qu'on "traite leur cas" n'ont pas fondu en larmes de joie à l'idée que leurs patrons n'auront pas besoin d'activer leur parachute doré cette fois-ci.
Curieux, vraiment.
01:40 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.10.2007
Hm, je devais donc vous tenir au courant…
Mardi: rien.
Ambiance d'enterrement au bureau, tension à couper au couteau, la routine. Réunion, où ma boss promet de nous filer ses contacts chez les chasseurs de tête et ailleurs si nous le souhaitons. Sympa, et un brin inquiétant… Ensuite, elle passe une heure au téléphone avec Big Marketing Boss – je l'aperçois à son bureau au moment de partir. Elle est toute blanche, et en m'approchant pour prendre les nouvelles, je m'aperçois qu'elle a les yeux d'un rouge fort seyant. Les paupières ne sont pourtant pas gonflées, donc j'imagine que si larmes il y a eu, il y en a eu peu. Elle me chuchote que notre équipe est en sécurité pour encore au moins une semaine, mais que pour le marketing, le département où sont tous mes gens préférés dans cette boite, le lendemain va être "sanglant". Je quitte le bureau une grosse boule dans la gorge, incapable de m'empêcher de faire le compte mental de qui a un enfant en bas âge, une hypothèque à payer, un ventre rond de 7 mois…
Comme il va falloir une petite explication pour suivre la prochaine note, voici un petit résumé de la hiérarchie de ma boite…
Le PDG a.k.a. "Dieu"
Les Directeurs "Grand Chef Marketing" est celui qui nous intéresse
Les senior vice-présidents par exemple: Petit Chef Marketing*, La Gourou*...
Les vice-présidents par exemple: Boucle d'Or*, Crocodile Dundee*…
Les directeurs par exemple: la Rouquine*, ma boss… Dispensables
Les managers genre moi. HAUTEMENT dispensables.
Les associés menu fretin qui, paradoxalement, a très peu de chances
de passer entre les mailles du filet; par exemple, mon
pote le Chinois*.
Pour l'instant, ont été annoncé tous les licenciements au niveau Directeur et SVP. Les VP doivent suivre lundi ou mardi prochain.
* si je ne me trompe pas, vous ferez connaissance avec tout ce beau monde rapidement...
17:35 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.10.2007
WE studieux...
Enfin, en quelque sorte… Je n'ai pas réussi à trouver la motivation de mettre à jour mon CV, alors j'ai au moins commencé à mettre à jour mes "réseaux sociaux" – ce qui signifie en gros que j'ai passé 10 minutes à écrire des bêtises sur Facebook et quelques heures sur LinkedIn, à envoyer des invitations.
J'ai commencé samedi en début d'après-midi, par une recherche de mes collègues passés et présents. Et puis, comme nous avions des potes en ville, j'ai décroché pour quelques heures avant d'aller à nouveau y jeter un coup d'œil en fin de journée.
15 nouveaux collègues se sont inscrits. Je fais donc mon petit marché de ceux à qui je veux me connecter, et je vais dîner avec les potes.
Le lendemain, quand je me reconnecte en début d'après-midi: 25 nouveaux inscrits.
Et à nouveau, en fin de soirée: 20 de plus. Dans deux jours, toute la boite y est, et comme on est tous connectés à des loosers (nos collègues, tout aussi virables que nous), je ne sais pas bien à quoi ça va nous servir… Mais c'est finalement assez réjouissant, de voir débarquer tout le monde, les humbles comme les puissants, unis dans la crainte des lendemains sans beurre. Du coup, ce matin, j'avais presque meilleur moral. Du mois, avant d'apprendre que largement plus de la moitié de mes collègues du département juridique s'étaient fait saquer vendredi dernier.
Ça nous donne 3 départements décimés. Le mien sera sans doute fixé sur son sort avant la fin de la semaine.
18:48 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.10.2007
A l'heure qu'il est, une dizaine d'employés regardent "Le jour des marmottes" sur la télé du service marketing
Avant-hier, pendant que j'étais dans l'avion entre New York et Los Angeles, il s'est passé un événement majeur pour mon entreprise chérie (pas de nom, bien sûr, parce que je pense que la boite va être googlisée un peu trop souvent par des gens que je ne souhaite pas voir atterrir ici dans les prochains jours). Grâce à la magie parano du Blackberry, je l'ai découvert en lisant mes mails sur la piste d'atterrissage: licenciements massifs à venir. Et je suis non seulement dans une des branches concernées, mais même dans une des fonctions les plus vulnérables… Radio-moquette annonce même la fermeture du bureau dans lequel je travaille – ce qui est loin d'être impossible.
On en saura plus dans un mois – en attendant, il va falloir vivre dans une boite où les gens ne démissionneront plus chaque semaine (comme c'était le cas depuis quelques mois), mais où les abandons risquent de devenir quotidiens. Et puis je crois que je vais devoir repartir pour un coup à consulter un avocat, histoire de savoir quelles sont mes choix si jamais je suis virée. Au pire des cas (et j'étais un peu restée sur cette idée), un licenciement signifie pour moi 90 jours pour trouver un nouvel emploi avec visa, ou quitter le pays. Et il me semble qu'il n'y ai aucune chance de trouver un emploi sans visa. Je vais tout de même me renseigner un peu plus sérieusement.
Et là, personne ne bosse... La moitié de la boite est au restau; l'autre moitié ragote, regarde la télé ou fait son CV. J'ai appris en arrivant que l'un des départements s'était fait vider hier soir, dans son intégralité: 5 personnes (c'était le plus petit département de la boite, le mien est le suivant par ordre de taille...) qui ont appris hier soir qu'ils avaient deux mois de préavis, mais que ce n'était pas trop la peine de revenir pendant ce temps-là...
Ambiance.
18:45 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

