27.09.2007
Pour un tour
Retour calme au boulot cette semaine… Je dors entre 10 et 11h00 par nuit depuis notre retour, terrassée chaque soir lorsque sonnent les coups de 22.00, du coup je suis en forme. Ce qui tombe bien, car après la relative accalmie du retour, on recommence l'agitation dès ce week-end avec un vendredi soir à Brooklyn et un week-end de mariage à Boston.
En attendant, à mon tour de faire ma Carla, ma Vanessa… Euh non… Bref. A mon tour de faire l'intéressante, tout simplement.
La semaine dernière à Paris, mes amis m'ont offert une pile de livres lourdes comme un excédent de bagage (heureusement que je voyage avec un homme musclé pour porter mes valises). Ça m'a touchée en plein dans le mille, mes chers, et du coup j'avais envie de vous dire ce que j'en pensais, au fur et à mesure de mes lectures. Evidemment, ce qui aurait du se limiter à quatre mots s'est vite transformé en roman-fleuve, donc mon premier compte-rendu a la concision d'une fiche de lecture ambiance vous écrirez 300 mots plus ou moins 10%. Oui madame. Sujet: Ni d'Eve ni d'Adam, d'Amélie Nothomb. Et comme à l'école je donne une note: 13/20. Parce qu'au fond, j'ai une âme d'instit'… Tous mes collègues vous le confirmeront.
Le premier roman de ma série d'automne aura donc été, paresseusement, le plus court... Je dis paresseusement bien plus qu'à cause de l'alliance familière "police 40 – 120 pages" (question format on ne me refera pas, je préfère définitivement les poches): Amélie, c'est bien connu, c'est de la lecture facile pour intellectuelle fatiguée. Enfin c'est bien connu de moi, qui ai tendance à regarder un peu de haut tout ce qui est moins chiant que Balzac*, avant d'aller m'enfiler un Stephen King ou un Patricia Cornwell.
Pourtant à chaque fois elle m'étonne, Amélie. Etonnement étonnant, puisqu'elle me surprend constamment de la même façon… Depuis Hygiène de l'Assassin, je suis toujours un peu déçue par ses débuts de roman. Dieu sait pourquoi, je trouve ça toujours pareil: bien, mais un peu plat. Phrases passables, mais pas très excitantes, d'une platitude de planche à pain. Paragraphes un-peu-courts-jeune-fille, hachant le rythme et cassant l'harmonie; vocabulaire mélangeant serviettes et torchons sans que l'on sache toujours bien pourquoi; intrigue trainaillant en chemin.
Et puis tout à coup, trois pages me prennent en embuscade. Je me retrouve soudain à parcourir des phrases toutes fraiches, comme (au hasard dans ce cru-ci) "c'était desceller son tombeau pour déboucher sur le mystère", "le salut me foudroie les tripes", ou encore "l'aube balbutiait le jour". Il y en a d'autres; vous pouvez chercher, elles se tiennent toutes sur quelques pages. A ce stade-là, en général, le livre me rattrape et me tient jusqu'au final. Dans ce cas particulier, je n'ai pas trouvé la suite particulièrement inspirée, sauf justement le dénouement où j'ai versé une larme surprise par tant de délicatesse.
Du coup, je ne vais pas vous dire que c'est mon livre de l'année, mais j'ai bien aimé ce cru Nothombien... J'y ai trouvé des flashs de cette lucidité humaine que je lui admire sur la cruauté, ici appliquée au sujet qui lui semble plus violent de l'élégance affective. Du coup je referme le livre en ayant envie d'ouvrir le prochain, pour voir si elle ose se re-frotter aux beaux sentiments, ou si par contrecoup nous aurons droit à une orgie de noirceur… Bien joué mademoiselle!
Et vous, vous en avez pensé quoi, de ce livre que vous m'avez offert? Vous pouvez me le dire par mail ou en commentaire, s'il vous plait...
* provoc spéciale pour un de mes lecteurs occasionnels.
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