12.07.2007
Moléculaire, spectaculaire... Et un peu gamin?
Bon, ça y est, je crois que j'ai passé une limite... Et attention: cette note parle de bouffe, de bouffe, et seulement de bouffe. Vous êtes prévenus.
Comme je l'écrivais récemment, je suis donc à Chicago pour trois jours. Pour le boulot. Et j'en ai profité pour aller tester le semi-célèbre et plutôt haut de gamme restaurant d'Homaro Cantu, Moto.
J'avoue que je n'en menais pas large en arrivant au restaurant pour dîner seule: manger seule dans un café, pas de problème, mais dans un restaurant gastronomique... Et puis c'était ma première expérience de "cuisine moléculaire", et l'approche très intellectuelle de la nourriture que cela suppose m'intimidait un peu. Pour ceux qui se demandent "mais c'est quoi, nom d'un p'tit bâton en bois, la cuisine moléculaire?", je vous avoue que je ne suis pas beaucoup plus avancée que vous. Globalement, Hervé This (un scientifique français! Cocorico!) a inventé le terme de "gastronomie moléculaire"pour parler de l'étude scientifique des phénomènes culinaires, et la communauté foodie en a dérivé le terme de "cuisine moléculaire" pour décrire l'approche de chefs qui utilisent les technologies modernes dans leur cuisine. Le plus célèbre de ces chefs est sans doute Ferran Adrià... qui, pour tout simplifier, rejette le terme de "gastronomie moléculaire". Mais concrètement, ce que cela signifie: beaucoup de créativité, de textures inattendues, et de trucs pulvérisés/ glacés à l'hydrogène liquide/ etc. La fierté d'Homaro Cantu étant apparemment son papier comestible, sur lequel il imprime ses menus et plein d'autres trucs plus ou moins intéressants.
A ce stade, les lecteurs avisés que vous êtes ont déjà compris que j'ai une bonne petite dose de scepticisme vis-à-vis de cette approche, qui a une fâcheuse tendance à me sembler gadget...
Mais je voulais essayer. J'ai donc pris mon courage à deux mains et ma carte bleue de l'autre, j'ai commandé le menu dix plats avec un verre de Riesling (j'ai finalement goûté onze plats, grâce au serveur qui m'a prise en affection, et m'a également offert un verre de Sauternes pour aller avec les desserts). Pour une description poussée, je vous recommande Tammy's blog, nous avons commandé le même menu. Moi, je vais abréger un peu cette note qui n'en finit plus!
Verdict: je ne me moquerai plus! Certes, il y a des choses un peu ridicules, comme le cracker parfumé au Daïquiri fraise (ça n'est déjà pas terrible comme boisson, alors avec une texture de papier...) ou les desserts qui imitent des plats salés (le "hot dog" où le pain est de la brioche un peu dure, la saucisse un sorbet fraise délicieux, la moutarde du lemon curd, les cornichons de la poire asiatique confite: rien ne va ensemble! Les "nachos" avec des chips de maïs glacées au sucre sans intérêt, du délicieux guacamole menthe et kiwi, de la "viande hachée" sous forme de chocolat noir, etc... J'ai fini par manger juste la gelée et le chocolat, tout le reste ne servait à rien). Oui, le "papier comestible" n'a aucun intérêt, et franchement, ça a fini par m'irriter de lire le blabla légal (copyright) imprimé sur chaque feuille. Mais la présentation de la grande majorité des plats était merveilleuse. Et surtout, il y a des plats extraordinaires dans le menu (pas les desserts, en ce qui me concerne...)
Cas numéro un, mon préféré absolu: de la raie, cuite au beurre, avec une sauce au popcorn crémeuse et des nouilles asiatiques fruit de la passion (un peu comme une gelée de fruit). Je n'ai jamais, avant hier soir, trouvé le fruit de la passion mangeable. Comme contrepoint acidulé à un plat salé, cependant... Et la texture lisse et fraîche faisait partie de son charme: je doute franchement qu'une sauce plus classique avec ce fruit aurait eu le même effet.
Cas numéro deux: la mousse glacée de betteraves rouges et jaunes, avec sa fantastique sauce au chèvre et des cubes de bacon. Les betteraves sont pressées, montées en mousse, puis déshydratées et congelées. On dirait que ça sort de Star Trek? J'ai entendu "beurk, de la betterave" dans un coin? Je comprends, mais faites-moi confiance: le résultat est surprenant, agréable, et très, très gourmand. Je ne suis pas folle de betterave habituellement, mais surtout à cause de sa texture qui m'écoeure avec une sauce vinaigrette; en savoureux cristaux, c'est une autre histoire!
(Crédit photo: Rhenee)
Cas numéro trois:le saumon d'Ecosse et sa poudre de sésame glacée à l'hydrogène liquide. D'abord parce que c'est super cool! L'hydrogène liquide dans lequel votre serveur pêche le sésame, la sensation de petites bulles en bouche à la première cuillère, le contraste des saveurs poivrées et agrumes de la sauce avec le reste du plat... Presque parfait.
J'ai bien aimé aussi un gratin crémeux de pâtes croquantes avec des morceaux de caille, le cube d'épaule de porc mariné, fumé et ses brocolis chinois au gingembre et soja, la truffe de chocolat blanc au coeur de barbapapa liquide et le crumble dé-construit fraise et mousse de Graham crackers... 7 plats réussis, 2 moyens et 2 décevants, dans une atmosphère moderne mais simple et conviviale, un service aux petits oignons... Et je ne me suis pas ennuyée du tout pendant mes deux heures de repas solitaire! Je ne sais pas si je le referai souvent, mais une expérience que je ne regrette pas du tout.
La seule chose que je changerais: j'aurais adoré partager mes impressions en live hier... Il va falloir que je trouve un site de rencontres avec d'autres gens qui veulent tester des restos haut de gamme, mais ne veulent pas en imposer l'addition à leurs amis!
17:56 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
09.07.2007
Paris, le France, et toute cette sorte de choses
Champagne! Rosé, de préférence: Chris et moi serons en visite à Paris cet automne, du 15 au 22 septembre pour être précise. Nous passerons les premiers jours (jusqu'au mardi après-midi) dans ma famille, mardi soir en amoureux à Paris (histoire de lui donner une soirée pour souffler un peu entre deux tournées de francophones), et ensuite Paris. Je vais essayer de voir un max de gens, mais il va falloir s'organiser, car nous repartons le samedi en début d'après-midi... Malheureusement, la politique rachotte de vacances en vigueur ici (et quelques mariages aux U.S. que nous ne voudrions rater pour rien au monde) ne nous permettent pas de rester plus longtemps.
Au programme: chez les parents, faire le marché, le château, une ballade en forêt, et on verra bien. A Paris, le bar Hemingway au Ritz, un repas au Coupe-Chou, un massage dans un endroit top (encore à définir) avec ma soeur N., à qui je dois après tout son cadeau d'anniversaire. Et puis j'aimerais bien voir le musée du quai Branly, ouvert après mon départ. Et puis... Le reste est à définir avec vous.
En attendant, notre actu ici est centrée sur notre déménagement... C'est pour samedi prochain. J'ai tellement hâte de
nous retrouver enfin dans notre 3-pièces (deux minuscules chambres et un salon... Nous allons avoir un bureau! Le luxe!). Et puis c'est au troisième étage, dans un bâtiment propre, et plus près de l'avenue où sont tous les commerçants/ bars/ restaurants. Comme je passe presque toute la semaine à Chicago pour le boulot, nous avons fini quasiment tous nos cartons ce week-end. A peine avons-nous eu le temps de caser une séance de ciné pour aller voir le dernier Pixar, Ratatouille. Un grand moment de bonheur: drôle comme Les Incroyables, presque aussi gourmand que Le Festin de Babette, et une véritable mise en appétit pour notre prochain voyage parisien. Recommandé dès que ça sort en France!
Allez c'est pas tout ça - j'ai un peu de boulot à faire pour demain. Et puis il y a du poker à la télé...
02:50 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
04.07.2007
The robot and I
Bon alors, je sors de ma caverne pour vous annoncer que ça y est: le 21ème siècle est officiellement parmi nous. Chris et moi en avons officiellement acheté un morceau... Et nous l'avons baptisé:

"Monsieur" parce que je voulais ré-affirmer mon héritage culturel en incluant un morceau de France dans le patronyme de cette petite bestiole; "Terminator" parce que c'est le nettoyeur ultime, celui qui ne laisse rien derrière lui. On aurait bien choisi "Léon", mais le nom était déjà pris par un poisson rouge piscicide qui a réussi à buter ses nombreux compagnons d'aquarium (mais ceci est une autre histoire).
Monsieur Terminator, donc, est un robot. Un robot aspirateur, pour être précis. Vous appuyez sur son gros bouton rond, et c'est tout. Il patrouille la pièce pendant une petite heure, aspirant tout sur son passage. Bien sûr, il se cogne aux meubles, aux murs, aux êtres humains éparpillés dans le périmètre; mais ce n'est pas très grave, car il a été conçu pour cela.
Le plus beau, je crois, c'est quand il a fini: il regagne alors sa base, se branche pour recharger ses batteries, et chante une petite chanson triomphante en quatre notes digne d'un orgue Bontempi circa 1982. A ce moment-là, ses humains bien dressés ne peuvent se retenir d'accourir pour applaudir ses exploits. Bref, il y a un petit côté "animal de compagnie"des plus surprenants dans cet aspirateur... Apparemment, il y a même quelque part sur Internet des passionnés qui vendent des jupettes pour Roomba (son nom officiel). Ça, je n'ai pas vu... Mais je peux vous dire que je ne suis pas la seule à être fascinée: Le Roomba est aussi une star de télévision !
Sinon, tout va bien.
20:20 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

