23.02.2007

All the leaves are green


Esthétique plastique fantastique, la pluie si rare qu'elle fait l'objet d'un sujet sur le canal local de CNN, je prends des photos d'écume, de sable ou de rocher, longues nuits et chats géants au zoo de San Diego – c'est Orange County, la Californie, les vacances.

C'est bien.

15.02.2007

V-Day was a Snow Day

o Finalement, la Saint-Valentin, j'aime bien. Enfin un moyen d'avoir du chocolat décent dans ce pays – surtout si on a un loulou qui prend la peine de commander chez Marcolini au lieu d'acheter un assortiment Hershey's. Non mais franchement, il est trop bien pour être vrai, ce garçon, non?

o New York est sous la neige. Je dirais qu'environ 5 cm sont tombés – sauf que depuis, les services de nettoyage sont passés par là. Ils ont dégagé les trottoirs et les rues – et érigé de jolis petits murets entre le trottoir et l'asphalte avec l'excédent neigeux. Cela rend l'exercice de traverser la rue assez intéressant.

o Locaux fermés à partir de 3.00 hier… Ouverts une heure plus tard que d'habitude (à 9.30 au lieu de 8.30) aujourd'hui… Finalement, je pourrais m'habituer à la neige, moi.

o Non, je plaisante. C'est toujours crade, froid et mouillé, ce truc... Il ne reste qu'une solution, la fuite. Samedi matin, décollage pour une semaine de vacances en Californie. Youpi!

09.02.2007

Rien de tel que de se plaindre


Oui, comme d'hab', j'ai été paresseuse… Mais bon le début d'année a été un peu dur, ce qui n'est jamais très bon pour ma production littéraire. Je me reprends, je me reprends, et j'aborde 2007 avec une question existentielle qui me taraude depuis des mois: mais c'est quoi ce micmac entre les New Yorkais et les escalators?

J'ajoute que cela s'intègre dans une thématique de râlage bien plus vaste : l'inefficacité totale des New Yorkais dans le mouvement urbain. Dit comme ça, on dirait le titre d'une expo au Centre Pompidou, mais c'est bien plus simple que ça. En arrivant ici, j'ai été effarée ce que j'ai quelques semaines cru être la lenteur de déplacement de mes nouveaux copolites (je pense qu'on peut appeler ça un barbarisme). Evidemment, à chaque fois que j'en parlais à un local, je recevais ce regard prudent généralement réservé aux aliénés (ou à son chef), avec la réponse "ce sont surement les touristes – les New Yorkais sont des psychopathes prêts à tuer pour gagner 12 secondes sur leur trajet".

Ce qui est totalement vrai, et tout aussi complètement la source du problème. Les gens dans cette ville, quant on les pose dans un métro, feraient en effet passer les Parisiens pour des êtres d'un raffinement douloureux. Et que je pousse les mémés sous les rails pour rentrer plus vite dans la rame, et que je prends les escaliers à contresens parce que j'ai vu une ouverture, et que j'assomme puis piétine la petite Française devant moi qui tente de laisser sortir les passagers du wagon avant d'y rentrer. Les encostardés bloquent les portes automatiques, les mamas lancent toute leur masse graisseuse à contre-courant dans les couloirs, les enfants se faufilent entre vos pieds, les papis s'installent fermement devant la porte et refusent d'en bouger pour être sûrs de sortir plus vite à leur arrêt, dans 15 stations. Et tout plein de ceteras.

Pourtant toute cette violence, toute cette agressive vitalité se tarit en une seconde dès que le New Yorkais pose le pied sur un escalator.

Toute son énergie lui suffit alors à peine pour amener son deuxième pied sur la marche. Il se cale alors, fermement planté sur ses deux jambes écartées de la largeur de l'escalator*, et attend que l'infernale invention le relâche, lui rendant sa mobilité, sa personnalité, son désir d'avancer. Quelles pensées lui traversent alors l'esprit? Dans ces limbes où il flotte, médite-t-il sur les 100 dollars d'abonnement mensuel à son club de gym, où il ira ce soir courir sur un tapis roulant? Rêve-t-il de l'époque où il faisait un vrai déjeuner, au lieu d'engloutir un surgelé Lean Cuisine à 300 calories? S'imagine-t-il bousculant un handicapé qui aurait eu le malheur de se trouver devant lui au détour de ses pérégrinations?

Pense-t-il seulement, cet animal, que juste derrière lui, une petite Française nourrit des rêves de meurtre et de torture?




* je n'exagère pas… Mais les escalators ici sont plutôt du genre étroit.

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