30.10.2006
Nouvelle hyper-importante
Vendredi soir. De très, très, très mauvaise humeur -- je venais de passer la journée à travailler chez moi pour pouvoir ouvrir aux livreurs d’IKEA. Parmi les différents ingrédients d’une mauvaise journée: du mail professionnel irritant sur lequel j’ai gaspillé plusieurs heures (des "critiques constructives" de quelqu'un qui ne savait visiblement pas de quoi elle parlait, mais qui est très haut placée et qui avait tenu a partager ses interrogations pataphysiques avec le monde entier), du débit wi-fi ultra-lent au coffee shop ou* j'étais allé travailler, du froid, de la ballerine qui me mord le talon d'Achille, et du livreur IKEA analphabète ascendant franchement désagréable, même après que je lui ai donné un pourboire pourtant indécent (j'avais oublié de prévoir de la monnaie). Et puis, le coup de grâce en montant les meubles: ces abrutis suédois (et analphabètes, donc) se sont trompés de matelas. Pour une livraison à 150 dollars, pour laquelle je dois me rendre disponible toute la journée, c'est un peu fort de café de me retrouver fort dépouillée.
Bref. J'étais donc de très mauvaise humeur au moment de sortir prendre un verre, et je décidai de prendre une douche et de me pomponner un peu, histoire de remonter le moral défaillant des troupes (moi, quoi).
Et là, sous la douche, une révélation. Il y en a qui font ça sous les piliers de Notre-Dame ou sur le chemin de Damas, moi c'est fleur de douche pleine de gel à l'avoine super hydratante à la main. Il faut dire que la révélation qui m'a été impartie est de taille sensiblement plus réduite - à première vue, je dirais environ 2 à 3 centimètres cubes.
C'est sur mon mollet, ou plus précisément, sur la partie supérieure de la face postérieure de mon mollet, que se situe le miracle. Il faut une lumière rasante pour pouvoir le deviner, mais ayant scruté mon mollet de près, en contre-plongée, et sous une lumière diffuse, je peux l'affirmer sans aucune hésitation: j'ai désormais un muscle. Comme quoi, les deux mois de gym régulière que je me suis imposés (et oui, toujours à cause des kilos en trop) ont fini par payer. D'ailleurs, ça y est, j'ai reperdu les fameux kilos!
J'ai bien sûr rapidement convoqué mon second mollet pour un contre-interrogatoire, et lui aussi a développé dans un passé très récent une tumeur musculaire encore hésitante, mais néanmoins indéniable. Moult allégresse s'en est ensuivie; et j'ai baptisé les petits Bill et Bob, dans un élan de joie (mais pas d'inspiration).
Sinon, c'est bientôt Halloween -- alors hier, avec Chris, on a fait ça.
Bonne semaine!
* désolée, je fais de mon mieux pour les accents, mais impossible de trouver celui-ci...
04:25 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
26.10.2006
Après la bataille
Bon, ça s'est plutôt bien passé.
J'avais raison de ne pas avoir peur de la famille. Accueil à bras ouverts, mais pas envahissant; et puis je ne sais pas ce que je leur ai fait, mais tout ce que je fais me vaut des points JFC (Jeune Fille Charmante), et moi je prends.
J'avais raison de ne pas avoir peur des amis. Le frère-qui-est-mon-meilleur-ami m'a accueillie à bras ouverts, alors que c'était celui dont j'avais le plus peur: c'est un original qui a un gout tout particulier pour les films d'horreur, le gore, les serpents et les blagues gênantes… mais au demeurant père patient de deux enfants terribles, mari aux petits soins, et charmant avec moi d'un bout a l'autre de la soirée. Et le petit groupe d'amis-très-proches-depuis
Je n'ai pas été à l'aise avec la belle-sœur/ bonne amie, bien sur… Un peu de marquage de territoire de celle-ci n'a pas aidé ma parano naturelle (et que j'envoie une dizaine de textos a Chris pendant qu'on faisait le trajet, et que je m'assoie à cote de lui au restaurant, et que je raconte des anecdotes sur lui…), mais c'est passé lentement. En fin de déjeuner on était presque à la normale, et puis on s'est dit au-revoir, et c'était parfait comme ça. Il n'y a plus eu d'attaque de textos sauvages.
Sinon…
On a fait le voyage en voiture depuis New York, à travers l'automne doré de la Nouvelle-Angleterre. Je me suis extasiée sur chaque arbre, et ça m'a fait penser à Daphné. J'ai acheté un manteau vert sapin pour l'hiver, et ça m'a fait penser à Caroline. J'ai bu un Tom Collins, et ça m'a fait penser à Marie. J'ai acheté des ballerines avec une bordure de paillettes, et ça m'a fait penser à Juliette. J'ai oublié mon appareil photo, et ça m'a fait penser à Vinciane. J'ai passé un week-end en famille, et ça m'a fait penser à la mienne. Et d'autres moments encore… Grosse attaque de nostalgie. Vivement Noel!
Allez, on ne se laisse pas aller: ce soir, je rattrape la séance de gym que je n'ai pas faite hier soir, occupée que j'étais à expérimenter une recette avec du tofu (ben oui, j'ai eu une soudaine envie de savoir comment ça se cuisine, le tofu). Vendredi, IKEA livre enfin mon canapé-lit. Yeh! Ce week-end, j'espère bien un brunch avec David et Ellen – et aller voir Marie-Antoinette, qui vient de sortir ici… Et la semaine prochaine, c'est ENFIN mon premier Halloween!
04:07 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
20.10.2006
D'autres New York
Mercredi soir, donc, concert de TV on the Radio a la Irving Plazza, une salle de concert près d'Union Square… Mon premier concert en trois mois, les affaires reprennent!
Pas du tout dépaysée à l'arrivée devant la salle – exactement les mêmes gamins de 20, 21 ans que dans les concerts indés parisiens, les mêmes franges ombrant le front des filles, la même coupe semi-rouflaquettes, semi-coupe au bol, et semi épis en vrac pour les garçons. Tout ça porte de la rayure, du velours à côtes, des lunettes carrées et de grandes écharpes sombres très The Cure, de courtes jupes mariées à de lourdes chaussures et de hautes chaussettes rayées. Saint Tim Burton and Sainte Sophia Coppola, priez pour nous!
A l'entrée de la salle, l'impression de déjà-vu s'intensifie: ambiance type ancien théâtre reconverti, genre Elysée-Montmartre ou Maroquinerie, avec de beaux plafonds à moulures, des parquets défoncés et de grands lustres à breloques. Je suis soulagée de découvrir que, contrairement à ce qui se produit trop souvent à Paris, les organisateurs n'ont pas négligé l'étape vestiaire. J'y fonce, découvrant à cette occasion ce qui sera le plus grand choc culturel de la soirée: la fille du vestiaire me demande si je veux prendre mes papiers d'identité, parce que si je veux boire une bière, il faudra montrer patte blanche… Ou plutôt bracelet rose, le sésame qu'un cerbère au look de biker accorde après vérification soigneuse de mon passeport. Ensuite, bien sur, ce sont les USA "as usual": il semble effectivement compliqué de commander en deca de l'âge légal (les serveuses contrôlent systématiquement), mais au delà, l'encouragement à la consommation est incroyable: il y a eu des serveuses passant au milieu du public avec leurs plateaux, afin de vérifier que personne ne mourrait de soif par paresse de se déplacer jusqu'au bar, pendant tout le concert! Je m'émerveille également de ce qu'on aura senti une odeur de joint en quasi-permanence: apparemment, légalement la consommation de marijuana sur les lieux n'est pas le problème de l'établissement, donc ils ne font pas la police… Par contre, ils peuvent perdre leur licence si un seul mineur est trouvé en train de boire une gorgée de bière!
Le concert en lui même commencera très tard: après plus d'une heure d'attente et une bonne première partie assurée par Grizzli Bear, un groupe qui me fera penser très fortement à Mercury Rev (mais qui manque un peu de profondeur de répertoire… Ils sont restés environ 45 minutes sur scène, et cela a suffit pour avoir l'impression qu'ils commençaient à se répéter), les musiciens de TV on the Radio arrivent enfin vers 22.15 (pour des tickets vendus pour 8.00!). Ils s'attaquent avec un plaisir évident à leur bonne ville de New York, et semblent immédiatement tout avoir pour eux: un public conquis, certes, mais aussi une énergie incroyable, un répertoire accrocheur et varié, qui n'a peur ni des références rock – j'ai cru voir un moment de pur rock 50's sur scène pendant quelques minutes!, ni de mixer basse, guitare et batterie avec des flows plus hip hop ou parlés, avec du piano, avec un carillon… Le public est visiblement conquis, ça change un peu du nouveau poncif rock super-efficace à la Stroke-Killers-etc. (j'aime bien, hein, mais ça ne m'empêche pas de trouver que ça manque un peu d'aspérités)… Et pourtant, sans arriver à savoir exactement quoi, il me manquera quelque chose durant tout le concert pour prendre feu. La meilleure preuve: j'ai la présence d'esprit de partir ce qui me semble être quelques minutes avant la fin du concert, histoire de battre la foule 1) au vestiaire, et 2) à la chasse au taxi.
Bon, peut-être que les concerts qui finissent à minuit, alors que je me lève à 6.30 pour le boulot, ce n'est plus de mon âge… Je vais fonder une assoce des vieux qui aiment la pop, et organiser des concerts à 18.30 dans des salons de thés, moi!
Sinon, là, je pars dans quelques heures pour Syracuse (upstate NY, pour ceux qui suivent pas)… Autant la famille de Chris ne me fait pas peur, autant je commence à trembler de rencontrer Nora, l'ex de Chris (le grand amour de high school!), qui est depuis devenue sa belle-sœur, et une très bonne amie… Les ex-devenues-très-bonnes-amies, moi, j'aime pas trop. Ceux qui suivent savent pourquoi, en dehors de toute psychologie féminine à deux balles de marquage de territoire (même s'il y a de ça aussi!). J'ai prévu suffisamment de fringues et de maquillages pour le week-end pour être prête, en toute situation, à éclipser même la garde-robe de Paris Hilton. Bon, Ok, ce n'est pas une référence.
On se rassure comme on peut, moi, visiblement, c'est en étant prête à être habillée joliment même s'il y a de la neige (jupe en velours brun à volants, bottes beiges à revers de fourrure et col roulé fauve. On ne rigole pas, la météo dit qu'il est possible qu'il y ait de la neige lundi!). Je vous passe les autres tenues pour les autres situations… mais vous saisissez l'esprit, non?
Tiens, j'ai encore fait un roman fleuve... Nerveuse, moi?
21:50 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18.10.2006
La paresseuse reprend le clavier
Enfin, New York!
La semaine dernière a été un peu plus calme – départ mercredi matin pour Baltimore, retour vendredi matin, pas de décalage horaire et voyage en train au lieu de l'avion… Par rapport aux semaines précédentes, c'était comme de revenir à un bon train-train de banlieusard! Même s'il parait que Baltimore se targue d'une des banlieues les plus violentes des Etats-Unis, ce que j'en ai vu était agréable, presque apaisant après l'agitation de New York et l'étrangeté du Texas: belles maisons américaines avec façades blanches, porches et colonnades, larges pelouses verdoyantes, rues impeccables, arbres centenaires… Sans parler de ce que le prestataire qui nous recevait aimant visiblement bien manger, nous avons eu de vrais repas et non des sandwichs pendant deux jours! J'ai donc découvert les crabcakes (pas mauvais, surtout avec une salsa un peu épicée, mais franchement, gâcher du bon crabe pour faire des beignets, j'ai du mal à saisir le concept!), dégusté de sublimes fajitas, et du prétendre ne pas aimer la glace à la vanille pour éviter l'ice-cream sunday en guise de "snack" en milieu d'après-midi. Et quand je parle de sunday, oui oui, je parle bien d'un minimum syndical de 4 boules de glace à la vanille, sauce chocolat et cerise confite (en option: confiture, sauce caramel, peanut butter, vermicelles de sucre coloré)…
Un peu plus reposée que les semaines précédentes pour aborder le week-end, donc… Du coup, même si c'était encore plutôt du côté "repos", on a tout de même été un poil plus actif que les semaines précédentes (reprise de l'exploration des bars et restaurants du quartier, traversée de Central Park samedi après-midi, ce genre d'activités… C'est pas encore "Charlotte déchaînée en boite", mais il y a du progrès!). Et pour ce qui concerne la semaine, on a été hier explorer Koreatown (les sœurs de Chris sont d'origine coréennes, on a été faire du shopping de Noel pour elles, et puis on en a profite pour tester le barbecue coréen: délicieux!). Ce soir, concert de TV on the Radio avec French Chris et Chris (c'est pratique!)… Et repos demain soir, avant le week-end dans la famille de Chris a Syracuse, dans le nord de l'état de New York. Et oui, je flippe un peu, mais pas trop (je crois que la famille de monsieur flippe encore plus que moi – Chris a eu son père au téléphone hier soir, et il a déjà entame le grand ménage de printemps en préparation du week-end!).
Quant à cette semaine, c'est "retour au bureau"… Je suis à nouveau une commuter, j'ai retrouvé mes horaires 8.30-5.00, mon train de banlieue et mon changement le matin à Harlem. Je me suis même convertie aux baskets pour faire le voyage et je change de chaussures en arrivant au bureau – je n'aurais jamais pense en arriver là, mais après trois mois à faire connaissance avec le phénomène des pieds gonflants, j'étais prête à accepter le compromis. Les pieds gonflants, c'est ce qui arrive quand on passe sa vie à passer de la rue à des bâtiments tour a tour surchauffés et air-conditionné à mort. Et ça fait mal dans de jolies chaussures!
En parlant de douleur (oui, j'exagère): hier, mon histoire d'amour avec l'entreprise américaine (la ponctualité des gens aux réunions, l'acceptabilité de l'échec raisonnable, la capacité à vous laisser prendre des risques calculés…) vient de connaitre son premier véritable accroc. Le détail est trivial, mais ce qui me fait peur, c'est comme dans une entreprise française, en exactement pareil.: ma super-chef (que j'aime beaucoup et que je respecte professionnellement, ce qui arrive quand même assez rarement avec moi, petite difficile que je suis, pour mériter d'être signalé), ma chère chef, donc, m'envoie un mail pour me dire que décidemment, non, elle ne peut pas m'aider a fixer mes objectifs pour 2006. Apparemment, sa propre chef ne lui donne pas assez de visibilité sur la mission de notre service au sein de l'entreprise pour ça. La solution est donc, comme d'habitude: Charlotte, merci faire un récap' de tes activités de l'année, rajoute un ou deux objectifs pour les trois mois à venir, et je te signe ça comme objectifs. Le même processus totalement dénué de sens par lequel je passe depuis trois ans.
Quelqu'un peut m'expliquer, exactement, pourquoi tout le monde veut être directeur, mais personne ne veut diriger? J'ai personnellement fait le constat il y a 5 ans que je détestais être chef, et depuis je me suis bien gardée d'avoir une équipe. Je peux donc comprendre que ce soit une immense chienlit, de fixer des objectifs à ses subordonnés.
Mais en tant que subordonnée, je râle. Ben oui, faut bien que je trouve une utilité à mes chefs, non? Donc s'ils ne servent pas à me donner une idée de ce que je suis censée faire ici… Qu'ils servent au moins de boucs émissaires!
16:11 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
10.10.2006
Western
La semaine dernière, donc, j'étais à Plano, TX. TX comme dans TeXas.
A Plano, Texas, il y a des rats sur le patio du restaurant mexicain. Parce que, franchement, qui mange en extérieur alors qu'on a inventé l'air conditionné?
A Plano, Texas, il y a un autocollant sur la porte d'entrée de mon entreprise qui signale que les armes à feu ne sont pas acceptées au bureau. Parce que si on ne précise pas…
A Plano, Texas, les bus ont des vitres fumées, des sièges qui sentent le cuir frais, et un chauffeur qui porte veste blanche, lunettes d'aviateur, et le brushing de JR.
A Plano, Texas, avoir des problèmes de "pet-sitting" est une excuse valable pour manquer un diner d'affaire de 50 personnes quand on est le directeur qui reçoit sur ses terres.
A Plano, Texas, on envoie des mails à la filiale de New York pour leur dire que vendredi prochain, c'est Western Theme Friday. Free lunch, bottes de cow-boys, lassos et Stetson de rigueur.
A Plano, Texas, la nourriture est ce que vous avez toujours entendu dire de la nourriture américaine: abondante, roborative et sans grâce.
Drôle de voyage dans le temps, sur la lune, ailleurs: 30o le soir, avec une bonne chaleur minérale qui monte du sol, des lézards, et des routes à perte de vue, mais pas de rue. Des 4X4 et des Jeeps, mais pas de piétons. Je ne suis pas mécontente d'être de retour dans ma bonne vieille ville surpeuplée de New York!
03:45 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
04.10.2006
C'est trop mignon
Deux idiots, un appareil photo. J'aurais presque honte, mais c'etait drole... Et je suis contente de partager ces photos avec vous. Alors...
http://www.cuse.org/gallery/v/2006_chris_and_charlotte/
Enjoy?
04:40 Publié dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note

