21.09.2010
Deux notes en une semaine, ne vous habituez pas!
Je disais donc: danse du ventre. Enfin belly dance, parce que comme c'est une activité que je n'ai jamais pratiquée en français, la traduction me perturbe (le mot français contient trop de "danse des 7 voiles" avec clin d'oeil salace automatique, trop de restos moyen-orientaux où des cadres marketing à moitié pompettes reluquaient avec intérêt le soutif la danseuse dont l'unique "pas de danse" ne se situait pas vraiment au niveau du pied, mais rappelait fortement les clips de rap, trop de folklore péjoratif, bref trop de préjugés négatifs...). Danse très à la mode en ce moment (vilaine suiveuse !), qui m’a attirée par le niveau de contrôle qu'ont (certaines) danseuses sur leur corps. J'ai exactement la même fascination pour le yoga ou le pilate… Et à un niveau plus fantasmatique, cela me rappelle la lecture de Dune, juste avant l'adolescence, quand je voulais devenir une Bene Gesserit capable de maîtriser chacune de mes réactions physiques (ou, tout aussi nerd mais un peu plus moderne, Uma Thurman faisant des prodiges avec ses orteils dans Kill Bill...).
Je suis en ce moment dans une classe où nous apprenons les bases des zills, les petites cymbales à main, et ça me plaît encore plus que la classe de danse par laquelle j'ai commencé. Pourtant, à ma grande surprise (attention, moment de modestie phénoménale à venir), je suis nulle. Moi ???? Nulle en danse ??? Ouaip, atroce. Raide comme un piquet (merci la danse classique, merci l'introversion), pas du tout en rythme (alors là... même pas d'excuse), incapable de retenir plus de 14 secondes de chorégraphie (je savais bien que je vieillissais, mais c'est un peu tôt pour la mémoire de poisson rouge, non ?). Et ça, franchement, je ne m’y attendais pas trop…
Ceci-dit, les classes ne sont pas du tout "violentes", ni pour le corps ni pour l'égo, et je ne me sens pas remise en cause par mon manque de talent, ce qui est une expérience rare pour moi (et à mettre au crédit de ma gentille prof ET de ses élèves. S'il est une chose que j'adore chez les Américains*, c'est leur politesse et leur tolérance pour l'amateurisme effronté). D'habitude, je déteste faire ce à quoi je suis médiocre, mais bizarrement là ça ne me dérange pas... Et les zills (là à gauche, les trop beaux, c'est LES MIENS ! Depuis deux jours entiers), c’est la même chose puissance dix : j’adore ce truc auquel je ne comprends rien.
Ceci-dit, j’ai identifié (je crois) une partie du problème, et (comme c’est surprenant), il est situé au niveau du cerveau (dans le Lobus Hypercogitibus, pour être technique). Un truc assez amusant, c’est en effet que je deviens meilleure en toute fin de la période d’entraînement, au moment où en théorie les doigts devraient dire « ça suffit » et l’encéphale se mettre en grève de cette activité sans queue ni tête où il est censé coordonner les hanches, la posture, les bras et les doigts (autant chercher à négocier la paix au Proche-Orient entre 5 et 7, et bonne soirée Simone, tu penseras à prendre le pain en rentrant ?). Parce que chez moi, quand le bulbe s’éteint, au lieu de paniquer, le corps respire un grand coup, se détend et fait. Honnêtement je ne sais pas si ça devient mieux ou pire, mais en tout cas, ça devient plus agréable.
Donc mon plan est de continuer jusqu’à ce que le cervelas se mette en grève reconductible ad infinitum. Merditum**, alors, je suis française, non, je dois savoir faire ça, la GDI (Grêve à Durée Indéterminée*), non ?
* hyper-généralisation pas du tout cliché…
** apparemment je suis d’humeur classique aujourd’hui. Faut pas chercher à comprendre.
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17.09.2010
La rentrée !
Et oui, comme quand j'étais gamine, je retrouve à l'approche de la rentrée une certaine énergie, voire une énergie certaine ! Et avec, l'envie d'écrire un petit mot ici. Les dernières semaines ont été un peu mouvementées (passons), mais bien sûr septembre, c'est d'abord le retour à l'école, comme prof et comme élève, et le retour à une certaine structure quotidienne.
Au mois d'août, j'ai accepté de travailler quelques heures par jour pour une de mes anciennes collègues, à titre d'expérience, histoire de juger si cela serait compatible avec ma vie scolaire. S'en est ensuivie une explosion de mon emploi du temps, car j'ai bien sûr commencé à lui apporter mon soutien en pleine période de charrette.... Les doutes ont alors commencé à m'envahir : dois-je continuer ? C'est bien agréable de pouvoir contribuer aux finances un peu malmenées de notre foyer, et j'ai aimé retrouver une interaction professionnelle quotidienne. En revanche, pas sûre de pouvoir mener de front ce supposé "petit boulot" et tout le reste pendant
Finalement, j'ai décidé... De ne pas me réinscrire cette année à Paris-III. Surprise ! Non, cela ne change pas mon envie de retourner en fac l'an prochain, mais le ras-le-bol face aux difficultés administratives a été la goutte qui a fini par faire déborder le vase. Ayant commencé les inscriptions fin juin, je n'étais toujours pas inscrite administrativement cette semaine, malgré de nombreuses relances. Je regrette déjà certains cours que j'attendais avec impatience, mais impossible de recommencer la même année folle et au choix désoeuvrée/ anxieuse (les mois où j'attendais mes cours ou mes livres) ou bachotarde/ stressée (les mois où je devais rattraper mon retard). Triste de ne pas écrire le mémoire que j'avais commencé à porter (mais je compte bien tout de même me tenir à mon plan de lecture), déçue de ne pas travailler avec l'incroyable directrice d'étude qui m'avait été attribuée, embarrassée d'avoir "laissé tomber"... Et franchement, soulagée.
Cela va me laisser un peu de temps pour lire pour le plaisir, et de me consacrer à mes lubies du moment : j'ai commencé la danse du ventre (!) et je suis dans une de mes périodes "France Culture". Non, cela ne veut pas dire que j'ondule à moitié nue aux sons de pédantes discussions sur le dernier artiste tchéno-berbéraske underground (quoi que...). Mais nous en reparlerons plus tard, ça suffit pour une reprise de blog !
22:34 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
22.02.2010
Lamento miserabile
Sous la neige crasseuse, on aperçoit enfin un peu de terre pelée, noire de froid; les stalactites immenses (80 cm à vue de nez) qui pendaient à la fenêtre du bureau ont fini, après s'être détricotés goutte à goutte pendant quelques jours, par se détacher et aller poignarder les plates-bandes en dessous ; elles auront finalement disparues de mon champ de vision avant les longues griffes qui s'étaient accrochées aux épines du pin, et qui étaient d'autant plus impressionnantes que, sculptées par le vent et disposées en éventail, elles évoquaient irrésistiblement des doigts décharnés, crochus, presque des serres.
Je n'ai plus besoin de prévoir 10 minutes tous les matins pour aller dégager la voiture de son carcan de neige et de glace, une activité saine et extrêmement appréciable quand on est, comme moi, du matin.
Il reste de amas de "slush", cette neige mi-fondue dégueulasse, dans les rues et sur les pelouses, et quelques stalactites sur la face nord des maisons (la mienne est exposée au sud). La municipalité commence à combler les trous que le froid a perforé dans l'asphalte ces mois derniers. Je me suis d'ailleurs fait une belle peur la semaine dernière, quand en roulant dans une de ces crevasses dont la profondeur était cachée par l'eau accumulée, mon pneu avant droit a explosé. Par chance j'étais à 30 km/h maximum, déjà en train de freiner à l'approche d'un feu rouge, mais que j'aime j'aime j'aime l'hiver.
Je commence aussi à ré-émerger de deux mois un peu pénibles. Je ne sais pas très bien s'il faut l'attribuer au froid, à la "déprime saisonnière" ou aux antihistaminiques que je prenais (pour cause de chats allergisants), mais je viens de passer quelques semaines dans une fatigue extrême, avec des difficultés de concentration importantes et des maux de tête constants, qui dégénéraient volontiers en migraines. J'ai au début attribué le tout au stress (nouveau boulot, etc), puis (avec ma patience légendaire), j'ai commencé à m'énerver que ça ne passe pas. Ce qui n'a pas arrangé le côté insomnie de la chose. En fait je ne sais pas très bien pourquoi ça s'arrange récemment. J'ai, je le disais, arrêté le Zyrtec (surtout parce qu'il ne faisait plus grand chose) quelques jours avant de sentir une amélioration ; mais d'un autre côté, j'en prends depuis plus d'un an sans problème notable. J'ai aussi constaté, en tenant un journal de mes migraines, qu'elles semblaient se multiplier avant les chutes de neige (donc tous les deux jours ces derniers mois, et aucune depuis une semaine). Tout cela n'est pas très probant, j'imagine que je devrais aller voir un médecin. J'ai un peu la flemme, j'avoue.
Ou peut-être suis-je portée par les jolis projets qui se profilent : quelques jours en Floride avec la famille de Chris dans deux semaines, et un mois et demi en France en mai/ juin, d'abord pour un petit périple dans le sud avec mon chéri, puis le mariage de Tinou, puis Paris (révisions, exams et profitage). Du coup je retrouve de la motivation pour avancer sur mes cours, histoire de me libérer du temps là-bas. Et puis le deuxième trimestre a cette supériorité infinie sur le premier qu'au lieu de lire Rilke je lis Gautier (moins beau, mais moins déprimant), au lieu d'étudier la guerre sous la République romaine, je travaille sur la religion, au lieu de 11 chapitres de latin, j'en ai 5, et au lieu de l'embourbante grammaire, je me régale en lexico de néologismes et d'étymologies. C'est plus léger, et je suis plus ravie de mon choix que jamais.
D'ailleurs je tiens à préciser que les petits soucis des mois derniers ne m'ont jamais fait sentir malheureuse, juste physiquement et mentalement épuisée. Ce qui, quand on n'a pas d'enfant et un travail à quart-temps (grosso modo), est quand même difficile à justifier.
Je ne me relis pas non plus aujourd'hui... Mon excuse du jour, c'est que j'ai enfin trouvé un ouvrage critique sur Proust dont je me régale, et que je vais donc y retourner. C'est pour mes études, vous comprenez !
21:57 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
18.01.2010
Sous la neige
Oui bon ben comme d'hab.
Neige qui sappe la volonté (si si je vous assure, c'est mon excuse et ma vérité, rien à faire, la neige étouffe les sons et l'énergie, je n'y peux rien).
Examens de fin de premier semestre... Enfin ça y est, j'ai rendu la plupart des devoirs. Dans l'ensemble ça s'est bien passé, il reste l'histoire de la grammaire qui me pend au-dessus de la tête, un jour je me dis que je vais m'en tirer, un jour je me dis que je ne m'en sortirais jamais... Cours monstrueux, dense, étouffant, et prof absent = bonne combinaison! Heureusement je découvre que mes condisciples de télétravail se soutiennent, je suis en contact avec des "grandes" (mon Dieu quelle sensation d'avoir 10 ans de plus que les minettes dans l'année supérieure...). En retour je file des coups de main où je peux.
Et puis ça y est, j'ai commencé à enseigner le français grands débutants à University of Indianapolis. Très étrange comme impression, je veux vraiment bien faire mais je débarque, je ne sais pas très bien ce que je fais... Mon objectif pour ce premier semestre est que mes étudiants apprennent leur programme ; si j'y arrive, on tentera de devenir une prof passionnante la prochaine fois, parce que figurez-vous que c'est PAS EVIDENT.
En tout cas pour moi qui ai le charisme d'un hérisson.
Ce qui n'est pas une manière de me plaindre, hein. Moral au beau fixe, les enfants. Plus heureuse que jamais d'avoir fait le choix de retourner à l'école. Bien dans ma ville, avec mon petit mari, rencontres sympas ces derniers temps. Donnez-moi des journées de 28h00 et un lave-vaisselle, et je risque la crise cardiaque de bonheur !
Finalement en ce moment ma vie ressemble à ces romans du 20ème siècle que j'étudie cette année : perturbants, déstabilisants, et puis finalement... Passionnants, et quand soudain ils se révèlent, l'éclair de satisfaction intellectuelle qui vous met le cerveau en ébullition vaut toutes les fontaines de chocolat du monde.
Allez, je ne me relis pas, j'ai une version de latin à vérifier. Love and calissons pour tous !
23:04 Publié dans Jour après jour | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
31.10.2009
Happy Halloween!
23:56 Publié dans Petits riens | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

